L’indignation qui enflamme les réseaux sociaux africains suite à la suspension des visas américains pour 26 pays du continent est un miroir cruel. Elle ne reflète pas seulement une décision de Washington, mais expose une faille bien plus profonde : notre aliénation mentale collectivement entretenue.
Depuis quand un tampon étranger valide-t-il une existence ? La crise existentielle déclenchée par cette annonce trahit un syndrome de dépendance. Nous pleurons l’accès à un territoire qui se ferme, mais négocions à genoux l’exploitation de nos propres ressources. Le contraste est saisissant. Alors que des pays africains, comme le Mali et le Burkina Faso, répondent par le principe de réciprocité en fermant leurs portes aux citoyens américains, une partie de notre élite et de notre jeunesse crie à l’humiliation plutôt qu’à la souveraineté.
Cette agitation est un non-événement géopolitique. Les visas touristiques, eux, restent accessibles, notamment pour la Coupe du Monde 2026. Le vrai drame n’est pas cette barrière. C’est l’incapacité à se projeter dans un développement endogène qui rendrait obsolète cette quête de validation extérieure. Les ressources, l’intelligence et la jeunesse sont ici. Seule manque la foi pour construire des pôles d’attraction qui inverseraient la dynamique.
L’obsession du visa est le symptôme d’une civilisation qui doute d’elle-même. Elle préfère supplier pour entrer ailleurs que de bâtir, ici, des nations où les autres voudront venir. La question n’est pas de savoir pourquoi l’Amérique se ferme, mais quand l’Afrique, enfin, se prendra au sérieux.
Si nos frontières étaient une destination et non un point de départ, qui aurait besoin de quémander un visa ?
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