Le samedi 17 janvier 2026, la Grande Mosquée de Tougan a accueilli la 103ᵉ édition de la lecture commentée du Saint Coran (Tafsir). Organisée par la communauté musulmane du Sourou, cette cérémonie de « Douas » (invocations) a mobilisé de nombreux fidèles et des personnalités influentes autour d’un objectif commun : prier pour la stabilité du Burkina Faso.
Initiée il y a plus d’un siècle par El Hadj Yacouba Traoré, cette tradition annuelle marque la fin de l’apprentissage du Coran. Malgré les défis sécuritaires qui ont parfois perturbé le calendrier ces dernières années, la tenue de cette édition à la date prévue a été perçue comme un signe de résilience.
El Hadj Traoré, représentant du Grand Imam de Tougan, a rappelé le sens de ce rassemblement. « Nous avons lu le Coran afin que la paix puisse revenir dans notre pays. Notre message porte sur la cohésion sociale et la fraternité», a-t-il indiqué.


L’imam a insisté sur l’unité nationale, rappelant que la religion ne doit jamais être un facteur de division. « Personne ne doit prendre le Coran comme prétexte pour faire le mal. La fraternité d’abord », a-t-il conseillé aux fidèles.


Le Haut-Commissaire de la province du Sourou, Désiré Badolo, présent lors de la cérémonie, a salué cette initiative. Pour lui, la spiritualité doit servir de base à l’unité provinciale. « La religion ne vient pas comme un pont pour séparer les humains, mais c’est un ciment qui doit contribuer à renforcer les liens sociaux », a-t-il souligné.

Il a encouragé la communauté à poursuivre ces invocations qui sont importants selon lui pour accompagner les actions de sécurisation du territoire et favoriser le retour des populations déplacées dans leurs localités d’origine.

Le parrain de cette édition, Abdoul Wabou Drabo, ancien ministre et natif de la région, a profité de l’occasion pour lancer un message de courage. En se rendant physiquement à Tougan malgré les inquiétudes de ses proches, il a voulu donner l’exemple.
« Nous ne devons pas avoir peur et abandonner nos parents. C’est d’ailleurs l’un des objectifs du terrorisme : susciter la peur pour que l’on abandonne notre quotidien », a-t-il déclaré.

Sa conclusion est un appel à l’action individuelle et collective. « Si chaque Burkinabè veut la paix, il y aura la paix », a-t-il lancé.
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Akim KY
Burkina 24