La Coordination des plateformes des lauréats de l’École nationale des agents sanitaires et sociaux (ENASS) de N’Djamena et des écoles provinciales de santé publique a tenu une assemblée générale le samedi 17 janvier 2025. À l’issue de cette rencontre, la plateforme a exprimé sa vive protestation contre la récente décision du gouvernement tchadien imposant un concours de recrutement pour l’intégration des lauréats des écoles publiques de santé à la Fonction publique.
La coordination nationale, qui regroupe les lauréats de N’Djamena ainsi que ceux des écoles provinciales d’Abéché, Biltine, Moundou et Sarh, a souhaité porter cette situation à la connaissance de l’opinion publique nationale et internationale. Elle estime que cette décision est en totale contradiction avec les textes en vigueur.
Selon Togyanouba Aïgongar, coordonnateur général de la plateforme, l’obligation de concours viole les dispositions de la Loi n°17 portant Statut général de la fonction publique. « La Loi n°17 prévoit explicitement l’intégration automatique des lauréats des écoles publiques de formation professionnelle à la fonction publique. Imposer un concours supplémentaire va à l’encontre de ce cadre légal », a-t-il déclaré.
Les lauréats rappellent par ailleurs avoir été formés aux frais de l’État tchadien, avec la promesse d’une intégration directe au service du pays. « Nous, lauréats des écoles publiques, avons été formés avec l’engagement clair d’une intégration automatique. Imposer aujourd’hui un concours constitue une injustice flagrante et une violation de nos droits légitimes », a dénoncé le coordonnateur général.
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La plateforme estime également que cette décision risque de dévaloriser les formations dispensées dans les établissements publics de santé et de créer une incertitude préjudiciable pour les futurs étudiants, susceptibles de perdre confiance dans le système de formation publique.
Face à cette situation, la Coordination des plateformes des lauréats formule plusieurs revendications, notamment le retrait immédiat de la décision jugée contraire à la loi, l’intégration automatique de tous les lauréats de 2012 à 2025 conformément à la Loi n°17, le respect des engagements pris envers les étudiants des écoles publiques de santé, ainsi que l’ouverture d’un dialogue constructif avec les autorités compétentes.
Enfin, la plateforme lance un appel à l’ensemble des parties prenantes — autorités publiques, société civile et partenaires au développement — afin de soutenir ce qu’elle qualifie de « juste combat pour le respect de la loi et des droits des lauréats des écoles publiques de santé ».