Le ministère en charge de la Santé, à travers la Direction générale de l’hygiène publique et de l’éducation pour la santé, a organisé, le jeudi 22 janvier 2026, une rencontre avec les patrons de presse en faveur de la lutte contre l’ingérence de l’industrie du tabac dans les politiques de lutte antitabac, y compris la lutte contre la publicité de ces produits «hautement toxiques».
Le tabac fait plus de 8 millions de morts chaque année dans le monde. Il ressort également que le tabac tue jusqu’à la moitié de ses consommateurs.
Parmi les 8 millions de morts, plus de 7 millions sont des consommateurs ou d’anciens consommateurs, selon les données fournies par la Direction générale de l’hygiène publique et de l’éducation pour la santé.
Malgré l’institution de la Convention-cadre de l’Organisation mondiale de la santé pour la lutte antitabac en 2003, des actions ont été menées, mais la situation demeure toujours préoccupante.
Au Burkina Faso, le pays enregistre chaque année plus de 4 800 décès dus au tabac, a informé le directeur général de l’hygiène publique et de l’éducation pour la santé.
Parmi ces décès, on compte 1 300 victimes non-fumeurs qui aspirent la fumée rejetée par les fumeurs, d’où l’importance de ne pas fumer en public afin de ne pas causer des victimes collatérales.
Selon Éric Doyé, coordonnateur du Programme national de lutte contre le tabac et d’autres addictions, vers 2013, le Burkina Faso avait une prévalence élevée du tabagisme (19,8 %), mais en 2021, une étude a montré une baisse de cette prévalence à 13,6 %.
« Pour dire qu’il y a une régression mais l’idéal c’est que nous tendons vers zéro (0) par rapport à la prévalence de ce produit hautement toxique. Puisqu’il y a au moins 7000 substances chimiques qui sont dans le tabac que les gens consomment. Et parmi ces substances, il y a au moins 49 qui peuvent donner le cancer », a-t-il alerté.
Il a invité les Burkinabè à éviter la consommation de ce produit. « Pour ce qui est des fumeurs, on a toujours besoin d’eux. C’est mieux qu’ils arrêtent, il y a l’unité de sevrage tabagique qui peut les aider à arrêter de fumer », a-t-il encouragé.
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Sur l’ingérence des industries du tabac dans les politiques, Éric Doyé a dénoncé certaines formes de publicité diffusées dans les médias où des gens sont en train de fumer.
«On ne doit pas voir ce genre de scène puisque c’est une forme de publicité qui ne dit pas son nom. Le plus souvent on se dit qu’il y a d’autres intentions de quelqu’un quelque part pour faire la promotion de ces produits de tabac», a-t-il expliqué.


Il a également réagi sur les nouveaux produits de tabac, notamment la cigarette électronique et la chicha. « La cigarette électronique, la chicha, ce sont des produits très dangereux. Ils causent beaucoup de problèmes de santé, des cancers (…)
Quelqu’un qui fait une séance de chicha d’environ 30 à 40 minutes, c’est comme si la personne avait fumé un paquet de cigarettes ordinaires », a-t-il révélé.
W.S
Burkina 24