Ségolène Royal, ancienne ministre française et actuelle présidente de l’Association France-Algérie, a vivement critiqué le reportage truffé de mensonges sur l’Algérie, diffusé par la chaîne publique France 2, affirmant avoir refusé d’y prendre part en raison de son caractère «politiquement orienté» et «profondément offensant pour l’Algérie».
Intervenant sur Canal Algérie ce mercredi soir, l’ancienne candidate à l’élection présidentielle française de 2007 a expliqué qu’elle figurait initialement parmi les personnalités sollicitées pour ce documentaire. Sa participation devait se concrétiser par une intervention dans la séquence finale intitulée «les chaises rouges». Toutefois, compte tenu de la sensibilité du sujet abordé, elle a exigé de visionner le film avant toute diffusion.
Après avoir pris connaissance du contenu, Ségolène Royal dit avoir pris une décision sans équivoque. Elle affirme avoir clairement signifié son refus de participer à un programme qu’elle considère comme totalement préjudiciable à l’image de l’Algérie, estimant qu’y apparaître aurait contribué à légitimer un travail qu’elle juge inacceptable sur le plan éditorial.
L’ancienne ministre souligne également qu’elle ne souhaitait en aucun cas contribuer au succès d’audience d’un reportage qu’elle qualifie de «dirigé», rappelant que sa notoriété aurait pu servir d’outil d’attraction pour le public. Elle précise avoir formalisé son désaccord par écrit, indiquant que le contenu du reportage ne répondait à aucun standard acceptable.
Pour illustrer son propos, Ségolène Royal a invité à une mise en perspective inverse. Selon elle, si la télévision publique algérienne produisait un reportage du même type visant le président français Emmanuel Macron, la réaction des autorités et de l’opinion publique en France serait immédiate et virulente. Elle s’interroge ainsi sur la possibilité même de qualifier de journalistique un travail qui, a-t-elle fait constater, ne respecte aucune règle professionnelle.
L’ancienne responsable politique a, par ailleurs, révélé que la conception du reportage remonte à la période où Bruno Retailleau occupait le poste de ministre de l’Intérieur, un élément qui, à ses yeux, éclaire l’orientation du projet. Elle estime que l’objectif réel du documentaire est de remettre en cause la légitimité des élus franco-algériens ou binationaux, en s’appuyant sur des témoignages anonymes et non étayés par des preuves concrètes.
Ségolène Royal rappelle que les relations régulières entre les consulats et leurs ressortissants constituent une pratique universelle, observée par tous les Etats, et ne sauraient être assimilées à une quelconque ingérence, contrairement à ce que suggère le reportage.
Elle a conclu en dénonçant un mécanisme récurrent visant à instiller le doute et à empoisonner le débat public autour des responsables politiques disposant d’une double nationalité. Une stratégie qu’elle juge délibérée et dont le calendrier ne lui semble pas anodin, le reportage ayant été diffusé à seulement deux mois des élections municipales.
M. H.