Le ministère de la Santé publique organise du 15 au 16 janvier à N’Djamena la 13e revue annuelle du bilan des activités 2025 du Programme national d’éradication du ver de Guinée (PNEG). La rencontre réunit les délégués sanitaires provinciaux, les cadres du ministère ainsi que les partenaires techniques et financiers engagés dans la lutte contre cette maladie parasitaire.
Cette revue annuelle vise à évaluer les résultats des interventions menées sur le terrain et à identifier les défis à relever. Le ver de Guinée, ou dracunculose, demeure une maladie invalidante qui persiste encore dans cinq pays africains, dont le Tchad, malgré des progrès notables. L’objectif affiché par le gouvernement et ses partenaires est d’aboutir à son éradication d’ici 2030.
Selon le représentant du centre Carter, Dr Abdalla Bakri Meftuh, les données de 2025 montrent une nette amélioration de la situation épidémiologique. Le Tchad a enregistré 147 infections animales, contre 280 en 2024, soit une réduction de 48 %. Chez l’homme, quatre cas ont été signalés en 2025, contre neuf l’année précédente.
Dans son intervention, la représentante de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au Tchad, Dr Blanche Anya, a salué ces avancées tout en appelant à une vigilance accrue. Elle a rappelé que l’éradication du ver de Guinée reste un défi majeur, notamment en raison de la persistance des infections chez les animaux, en particulier les chiens et les chats. Selon elle, chaque cas humain ou animal doit être détecté rapidement, isolé à 100 % et faire l’objet d’une réponse immédiate.
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Dr Blanche Anya a également souligné que les résultats obtenus traduisent l’engagement du gouvernement tchadien, le leadership des autorités sanitaires et la mobilisation des communautés, tout en réaffirmant le soutien continu de son organisation jusqu’à l’arrêt complet de la transmission et la certification de l’éradication.
De son côté, le ministre de la Santé publique, Dr Abdelmadjid Abderrahim, a rappelé que les maladies tropicales négligées constituent une priorité nationale. Il a insisté sur le rôle central des communautés dans les progrès réalisés et appelé à renforcer leur implication, tout comme la collaboration intersectorielle à travers l’approche One Health, face à la dimension zoonotique de la maladie.
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Le ministre a également mis l’accent sur la surveillance transfrontalière, notamment dans les provinces endémiques, et sur la nécessité d’une gestion rigoureuse des ressources dans un contexte international marqué par des contraintes financières.