Par Mohamed K. – Dans une éditorial publié ce samedi, l’agence de presse officielle APS a lancé une mise en garde ferme contre certaines dérives politiques qu’elle juge susceptibles de menacer la stabilité du pays, allant jusqu’à évoquer le risque de ramener l’Algérie à la décennie noire. Cette alerte intervient alors que deux partis, que l’agence n’a pas cités, ont amorcé une pré-campagne en vue des prochaines élections législatives et locales.
Selon l’APS, certains partis politiques «ont définitivement sombré dans la faillite politique», incapables de présenter un programme cohérent au peuple algérien et préférant, selon elle, faire de la démagogie leur principal outil de mobilisation. L’un de ces partis est accusé d’«enchérir sur les positions internationales de l’Algérie», une démarche qualifiée de «violation flagrante de la Constitution», laquelle confie au président de la République l’exclusivité de la conduite de la politique étrangère.
Le commentaire rappelle que le chef de l’Etat a présenté aux électeurs, lors de son élection, les fondements et orientations de la diplomatie algérienne, ce qui lui confère une légitimité populaire et constitutionnelle. S’en prendre à ces prérogatives reviendrait, selon l’agence, non pas à critiquer un individu, mais «à viser le pays que le Président incarne».
Parallèlement, un autre parti est pointé du doigt pour avoir remis en cause des dispositions juridiques relatives à la lutte contre le discours de haine, pourtant adoptées par le Parlement – y compris par des élus issus de ce même parti. L’agence voit dans cette contradiction un «indicateur dangereux» susceptible de réactiver des tensions et des rivalités internes, évoquant le spectre de la fitna [discorde, ndlr] que la société algérienne a définitivement rejetée.
L’éditorial dénonce également des tentatives de manipuler la justice ou de contourner les lois de la République afin de réintroduire des pratiques que l’agence qualifie de «mauvais usages», parmi lesquels le clientélisme et le régionalisme, déclarés révolus depuis l’élection présidentielle du 12 décembre 2019.
En plaçant sa mise en garde sous le signe de la stabilité nationale, l’agence de presse officielle appelle ainsi les formations politiques à respecter le cadre constitutionnel et les principes éthiques de la vie publique, dans un contexte où les échéances électorales s’annoncent particulièrement disputées.
M. K.