Le développement numérique de la Guinée s’est sensiblement accéléré, ce qui est déjà visible dans la vie quotidienne de nombreuses personnes, mais révèle néanmoins de nombreuses fractures et des chantiers en cours.
La transformation numérique n’est plus un projet d’avenir lointain, mais plutôt un processus qui modifie déjà l’administration, l’économie et l’éducation, même si ces changements ne se déroulent pas de manière uniforme et génèrent régulièrement des frictions.
Où en est la Guinée aujourd’hui en matière de numérique et pourquoi les progrès et les lacunes coexistent-ils ?
Au cours des dernières années, des investissements massifs ont été réalisés dans les infrastructures numériques, en particulier dans l’extension d’un réseau national de fibre optique d’une longueur d’environ 12 000 kilomètres. Cette structure dorsale relie la Guinée à ses pays voisins tels que le Mali, la Côte d’Ivoire et la Sierra Leone et crée pour la première fois une base solide pour le transfert rapide de données dans la région. Cette infrastructure est complétée par un centre de données national de niveau III à Conakry, qui permettra à l’avenir de conserver les données publiques dans le pays et de réduire la dépendance à l’égard de l’hébergement étranger.
Malgré ces progrès, la réalité numérique reste très fragmentée. Alors que les centres urbains bénéficient de plus en plus de services de données mobiles stables, de nombreuses régions rurales continuent de souffrir d’une couverture faible, d’un approvisionnement électrique peu fiable et de coûts d’accès élevés. La numérisation est donc présente, mais elle n’est pas perceptible partout, ce qui explique pourquoi le progrès et l’immobilisme sont souvent perçus simultanément.
Plateformes internationales ou solutions locales, une course ouverte
Avec le développement des infrastructures et la clarification du cadre réglementaire, la Guinée attire de plus en plus l’attention des fournisseurs numériques internationaux. Les plateformes dans les domaines du commerce électronique, de la fintech ou du divertissement en ligne observent souvent de très près les nouveaux marchés dès que la taille du marché, la réglementation et l’infrastructure de paiement atteignent une certaine stabilité.
Dans ce contexte, il serait en principe concevable que des offres internationales établies, telles que des plateformes comme casino.ca, examinent à l’avenir si un engagement en Guinée pourrait être judicieux, sans que cela signifie pour autant une expansion concrète.
Dans le même temps, cela crée un espace pour les offres locales, qui peuvent mieux refléter les habitudes de paiement, les langues et les modes d’utilisation locaux. Dans les segments numériques en particulier, les solutions se développent souvent à partir du marché national, car elles sont plus proches de la vie quotidienne, des infrastructures et de la confiance des utilisateurs.
Les modèles qui s’imposeront à long terme dépendent moins de l’origine des fournisseurs que de leur capacité d’adaptation, de leur mise en œuvre technique et de leur acceptation, de sorte que les plateformes internationales et les solutions locales peuvent tout à fait se développer en parallèle. Le marché numérique ne se développe donc pas de manière linéaire, mais plutôt comme un terrain de jeu ouvert où différentes approches se rencontrent et s’influencent mutuellement.
Une administration numérique avec des plans ambitieux et une mise en œuvre qui prend du temps
Le gouvernement guinéen mise clairement sur la numérisation comme levier pour une administration plus efficace et plus transparente. Des programmes tels que la Feuille de route numérique et la vision à long terme Simandou 2040 définissent des objectifs concrets en matière d’administration en ligne, d’éducation et de sécurité des données. L’attention internationale, notamment grâce à l’organisation du sommet Transform Africa à Conakry, souligne cette volonté politique.
Dans la pratique, la numérisation des processus étatiques progresse progressivement. Des plateformes telles que TELEMO pour les marchés publics et les services administratifs et FUGAS pour la gestion du personnel dans la fonction publique visent à simplifier les processus et à les rendre plus compréhensibles. Les registres tels que l’état civil sont également numérisés afin d’améliorer la qualité et l’accessibilité des données. Parallèlement, de nouvelles lois sur la protection des données et de nouvelles institutions chargées de la cybersécurité et de la numérisation de l’État voient le jour afin de créer un cadre juridique qui renforce la confiance dans les services numériques, même si de nombreuses réglementations sont encore en cours d’élaboration.
Internet, téléphonie mobile et utilisation : pourquoi la technologie seule ne suffit pas
D’un point de vue technique, la Guinée dispose aujourd’hui d’une base mobile solide. Plus de 80 % des connexions mobiles sont considérées comme des connexions haut débit via la 3G, la 4G ou, dans certains cas, la 5G. Les données mobiles constituent donc le point d’accès central au monde numérique et forment l’épine dorsale de la communication, du commerce électronique et des médias sociaux.
L’économie numérique est de plus en plus considérée comme un moteur pour l’emploi et la croissance. Des programmes, des concours et des hackathons encouragent de manière ciblée les jeunes talents dans des domaines tels que la programmation, la cybersécurité et l’entrepreneuriat numérique. Les réseaux universitaires et les prix de l’innovation visent à jeter des ponts entre la formation et le marché et à faciliter le passage de l’idée au modèle commercial fonctionnel.
Parallèlement, l’éducation numérique gagne en importance. Des projets tels que la connexion de plusieurs centaines d’écoles à Internet créent les bases à long terme pour le développement des compétences numériques dans tout le pays. Cette approche semble moins spectaculaire que les grands projets d’infrastructure, mais elle a un effet plus durable, car elle permet de développer des compétences et ne se limite pas à la mise à disposition de technologies.
Quelle est la suite, avec des attentes réalistes et des objectifs ambitieux ?
Dans les années à venir, l’accent devrait être davantage mis sur le dernier kilomètre, c’est-à-dire l’accès effectif dans les foyers, les écoles et les entreprises. Le développement des hubs numériques, la réduction des coûts des données et les investissements dans les infrastructures énergétiques sont des leviers décisifs à cet égard. Sans une alimentation électrique fiable et une connectivité abordable, la transformation numérique restera fragmentaire.
Dans le même temps, il faudra voir à quelle vitesse l’administration, l’éducation et l’économie intègrent réellement les outils numériques. La technologie peut être importée, mais les compétences et la confiance doivent se développer. Si cet équilibre est atteint, la Guinée pourra consolider sa position d’acteur numérique émergent en Afrique de l’Ouest et attirer de manière ciblée les investissements privés dans les services informatiques, les technologies financières, les technologies agricoles et le commerce électronique.