Par un communiqué publié ce vendredi 16 janvier, l’Assemblée nationale du Tchad s’indigne de l’incursion armée perpétrée sur le territoire national par des éléments des Forces de Soutien Rapide (FSR) en provenance du Soudan. Cette opération, qui a visé les Forces de défense et de sécurité ainsi que des populations civiles dans l’Est du pays, constitue une violation flagrante de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la République du Tchad, dénonce la représentation nationale.
Signé par le président de l’institution, Ali Kolotou Tchaïmi, le communiqué indique que cet affrontement, survenu le 15 janvier près de la zone frontalière (notamment aux abords de Tiné), a coûté la vie à sept soldats tchadiens et a provoqué des blessés.
L’Assemblée nationale qualifie ces actes de « violation flagrante de l’intégrité territoriale » et de « violation manifeste des règles élémentaires du droit international ». Elle condamne également avec la plus grande fermeté les multiples survols de l’espace aérien tchadien par les forces armées soudanaises ces derniers temps.
Dans ce communiqué officiel, l’Assemblée nationale présente ses condoléances au Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, Président de la République et Chef suprême des Armées ; exprime sa compassion aux familles des soldats tués et souhaitent un prompt rétablissement aux blessés ; réaffirme son soutien total au Président et au Gouvernement pour toutes les mesures nécessaires à la sécurisation du territoire ; salue le courage et le professionnalisme des Forces de défense et de sécurité ; appelle le peuple tchadien à la vigilance et à l’union sacrée autour des institutions républicaines.
Lire aussi : Violations du territoire national : le Tchad met en garde une dernière fois les belligérants soudanais
Cet incident intervient dans un contexte régional très tendu. La guerre civile au Soudan, qui oppose depuis avril 2023 l’armée régulière aux paramilitaires des FSR, a déjà poussé près d’un million de Soudanais à trouver refuge au Tchad. Les FSR, qui contrôlent désormais la quasi-totalité du Darfour, multiplient depuis plusieurs mois les actions près de la frontière, avec notamment une attaque par drone fin décembre 2025 ayant déjà coûté la vie à deux militaires tchadiens.
Il faut rappeler que le gouvernement tchadien, par la voix de son porte-parole, avait déjà qualifié l’événement de jeudi d’« incursion » et lancé un dernier avertissement aux belligérants soudanais : toute mise en danger des forces ou des civils tchadiens sera considérée comme inacceptable.