Par Kahina Bencheikh El-Hocine – «Pour la seconde fois, les Israéliens ont échoué, presque lamentablement, à réaliser leur projet, c’est-à-dire, faire tomber le régime ou le changer», c’est par cette implacable sentence que l’écrivain antisioniste, Jacob Cohen, a entamé son analyse à propos de la dangereuse situation qui prévaut en Iran. Dans sa chaîne diffusée sur YouTube, l’écrivain a rappelé le 11 juin, lorsque l’entité sioniste avait lancé une attaque terrible sur l’Iran, entre bombardements et assassinats sur place, espérant semer le chaos. «Ils n’y sont pas arrivés et ils ont payé très cher au point de supplier pour un cessez-le-feu», appuie-t-il.
«Cette fois-ci, ils ont changé de tactique. Ils ont d’abord provoqué une dévaluation terrible de la monnaie iranienne grâce à la complicité des marchés de finance des Emirats arabes unis». Et d’ajouter : «Ils ont mobilisé des commandos en Iran et, d’après des témoignages, ces commandos ont été formés pour tuer les membres de services de l’ordre». Pour lui, ce qui devait finir par un bombardement américain, n’a pas marché.
«Les Israéliens ont officiellement demandé à Donald Trump de ne pas bombarder l’Iran car trop prématuré». Pourquoi ? Qu’est-ce qui s’est passé réellement ? Selon Jacob Cohen, les services israéliens et américains ont réussi à faire entrer illégalement en Iran 40 000 postes liés au réseau satellite Starlink. Aux mains de personnes susceptibles de coordonner l’action des services secrets américains et israéliens afin de mener des actions de déstabilisation, ces postes ont été désactivés par les Iraniens. «Puisqu’une bonne partie du plan ne fonctionnait plus, l’action tout entière s’est soldée par un fiasco monumental», s’est-il réjouit, en moquant «l’arrogant» Mossad qui «nous a habitués à des actions d’une grande virtuosité et d’efficacité».
Pour l’auteur du Printemps des Sayanim, le sentiment d’arrogance chez les Israéliens leur a donné l’illusion qu’ils pouvaient faire tomber le régime de l’intérieur. «Si Israël joue au chat et la souris avec le monde arabe et le manipule à souhait, l’Iran est un autre monde. C’est le monde perse. Le monde chiite. Les Iraniens ont le mythe du martyr. Ils ont le sens du sacrifice et de l’honneur, ils sont récompensés en retour», a-t-il affirmé, en précisant que les Occidentaux ont tendance à oublier cette distinction.
Jacob Cohen n’est pas allé de main morte avec le monde arabe qui, selon lui, «s’est déculotté devant l’agression sioniste». Les seuls qui résistent, a-t-il insisté, ce sont les chiites du Hezbollah et les Houthis, proches de l’Iran.
«Les Iraniens jouent leur vie. Ils sont prêts au sacrifice suprême, alors que les régimes arabes actuels ne cherchent qu’à s’aplatir devant la puissance américano-sioniste et c’est à qui s’aplatira le plus», a-t-il tancé, en conseillant aux «Arabes d’étudier le sionisme, d’avoir un département du sionisme dans chaque université, parce qu’ils comprendront une chose : les sionistes nourrissent un mépris inimaginable envers les Arabes». «Je n’arrive pas à comprendre, s’est-il étonné, qu’un intellectuel arabe puisse avoir de la sympathie pour un sioniste. Il faut être d’une stupidité et d’une ignorance crasse».
Continuant à dépouiller les monarchies arabes qui restent spectatrices devant plus de deux années de génocide des Palestiniens, Jacob Cohen a indiqué que «l’esprit de résistance qui a existé dans les années 50 à 70 dans le monde arabe a disparu et a fait place à des régimes qui ne cherchent qu’à s’entendre avec l’Amérique et Israël, et à en tirer avantage».
Pour lui, l’entité sioniste a peut-être compris la différence entre l’Iran et le monde arabe. «Seulement, elle n’a pas pensé que cela pouvait aller loin», a-t-il dit, estimant qu’«ils ont fait une erreur d’appréciation énorme».
Pour ce qui est de la propagande occidentale, cette dernière a tendance à noircir le tableau. «Les Occidentaux prennent leurs désirs pour une réalité. Ils continueront dans leur action de déstabilisation de l’Iran, mais cela leur sera difficile, et les Américains ont compris qu’ils allaient vers une catastrophe et que le prix à payer serait très fort», a-t-il expliqué. Il a noté que les deux alliés stratégiques de l’Iran, la Chine et le Russie, ont compris, de leur côté, que l’Iran est un pays sur lequel «ils peuvent compter» et qu’ils ne le laisseront jamais tomber, «car c’est une pièce maîtresse dans leur dispositif».
L’écrivain antisioniste ne croit pas que l’axe américano-sioniste s’arrêtera là, car «c’est un axe du mal et d’agression, et il ne pense que par l’usage de la force». «Depuis sa création, Israël ne peut vivre que par la force, la domination et la conquête, c’est dans son ADN. Malheureusement pour lui, il est tombé sur un morceau dur à avaler», a-t-il fait remarquer, en se demandant comment l’entité sioniste allait s’en sortir.
«On peut expliquer ce recul comme on veut, mais c’est une défaite magistrale. Avec toutes les sanctions lourdes qui empêchent les Iraniens de vivre, ils ne sont pas arrivés à faire tomber le pays, parce que la résistance paie», a conclu Jacob Cohen.
K. B.-H