L’effroi saisit de nouveau Yaoundé. La découverte du corps sans vie de Mballa Tsama, assassinée avec une brutalité inouïe sur sa terre natale, plonge le Cameroun dans une nouvelle onde de choc. Ce crime odieux, dénoncé avec vigueur par l’écrivaine Calixthe Beyala, ne relève pas du simple fait divers. Il résonne comme un écho sinistre, ravivant les plaies encore béantes laissées par l’affaire Martinez Zogo. La sauvagerie du mode opératoire rappelle les heures les plus sombres de la nation, où la violence semble être devenue un langage politique courant.
Des similitudes troublantes avec le passé récent
La comparaison établie par Calixthe Beyala entre ce nouveau drame et le meurtre du journaliste Martinez Zogo n’est pas anodine. Elle souligne une méthode qui semble se répéter, caractérisée par une volonté non seulement de tuer, but also de faire souffrir et de terroriser. L’implication avérée d’éléments de la DGRE dans l’affaire Zogo a durablement entaché la confiance envers certains services de sécurité camerounais. Face à la dépouille de Mballa Tsama, la question de l’origine des commanditaires se pose avec une acuité terrifiante, suggérant l’implication de mains puissantes habituées à opérer dans l’ombre.
Le silence complice et les zones d’ombre
Les circonstances entourant l’assassinat de Mballa Tsama soulèvent de lourdes interrogations sur la sécurité des citoyens, même dans leurs propres foyers. Le rôle du gardien, qui a alerté la fille de la défunte avant de prendre la fuite, est au cœur des suspicions. Son absence de réaction face aux agresseurs ne laisse place qu’à deux hypothèses effrayantes : la complicité active ou la sidération face à une autorité perçue comme intouchable. Ce fait divers tragique met en lumière un climat de terreur où ceux censés protéger peuvent devenir des spectateurs passifs, voire des complices de l’horreur.
Hadja Ada : L’autre visage de la tragédie
Au-delà du cas de Mballa Tsama, Calixthe Beyala brise le silence sur une autre disparition inquiétante, celle d’Hadja Ada. Arrêtée par le SED, elle n’a plus donné signe de vie depuis. Les informations circulant sur sa mort présumée, d’une violence barbare, renforcent le sentiment que certaines méthodes d’élimination sont devenues systémiques. Ces cas ne sont pas isolés mais symptomatiques d’une impunité au Cameroun qui semble protéger les auteurs de ces actes ignobles, laissant les familles sans réponses et la population dans l’angoisse.
Face à cette répétition de crimes impliquant potentiellement des sphères de pouvoir, jusqu’à quand le silence et l’inaction prévaudront-ils sur l’exigence de vérité et de justice ?
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