CAMEROUN :: Brand Kamga Incarcéré à Kondengui : Un Journaliste Face à une Accusation Controversée :: CAMEROON
Placé en détention préventive malgré des preuves insaisissables, le journaliste vit un cauchemar judiciaire à Yaoundé.
Le journaliste Brand Kamga croupit à la prison centrale de Kondengui. Son crime ? Une accusation de tentative d’enlèvement portée par une personne qu’il avait précédemment portraiturée. Une affaire aux allures de règlement de comptes, où la plaignante brille par son absence.
Une accusation aux fondements fragiles
L’affaire remonte à mai 2025. Contacté par un homme en France dénonçant une escroquerie, Kamga avait renoncé à enquêter, faute de preuves. La dénonciation s’est retournée contre lui. La “fiancée” de cet homme l’accuse désormais d’avoir voulu enlever sa fille. Une accusation qu’il nie avec force, affirmant ne ni connaître l’enfant, ni son école.
Une procédure judiciaire troublante
Malgré une requête du procureur du TGI Mfoundi visant à dénoncer de potentielles accusations mensongères, Brand Kamga a été écroué. Lors de l’audience, l’absence de la plaignante, partie à l’étranger, n’a pas empêché le renvoi de l’affaire. Sa fille, prétendue cible, est pourtant restée au pays. Une incohérence majeure. La justice semble ainsi conditionner l’examen des faits à la présence d’un seul protagoniste, prolongeant une détention préventive qui fait office de peine avant jugement.
Un appel à l’aide depuis les geôles
“Je dois attendre en prison pour une accusation dont je ne me reconnais point”, alerte le journaliste. Traité hors du tribunal compétent initial, il se dit victime d’une machination. Son appel met en lumière les failles d’un système où la présomption d’innocence semble mise à mal. Jusqu’où peut-on instrumentaliser une plainte pour faire taire une voix ?
“Je suis écroué à la prison centrale de Yaoundé depuis hier soir.
Une dame dont notre média a fait son portrait d’athlète, me poursuit pour tentative d’enlèvement de sa fille, en complicité avec son “fiancé” en France. Le Monsieur m’avait contacté pour dénoncer l’escroquerie de sa fiancée. Je n’ai pas realisé le reportage faute de preuves suffisantes.Après audition et confrontation en mai, il était question qu’elle apporte les preuves que je suis passé dans l’école de sa fille que je ne connais pas au passage.
Par mesure de sécurité craignant une affaire montée de toute pièce pour me nuire, le procureur du TGI Mfoundi a adressé une requête aux fins d’intervention pour accusations mensongères, en vue de contraindre la plaignante à prouver qu’il s’agissait de moi. Je me suis personnellement déplacé pour la brigade de Nkolmesseng lundi pour le suivi, l’affaire amenée au parquet m’a conduit à la prison centrale de Kondengui.L’audience de ce mardi n’a pas permis ma libération. Malgré l’absence de la plaignante représentée par sa tante sans procuration et dont elle justifie sa sortie du pays des menaces de ma part, le procureur a requis et obtenu le renvoi dans deux semaines, afin d’apporter ses réquisitions sur la demande de libération.
Sur les soit disantes menaces, je n’ai jamais échangé par quelque canal que ce soit avec la dame, depuis la confrontation en mai 2025. Fait curieux, sa fille qui serait la cible de la tentative d’enlèvement est restée au pays.
Il se dégage fièrement une volonté de ne pas juger l’affaire en l’absence de la plaignante, je dois donc attendre en prison pour une accusation dont je ne me reconnais point. En dépit des dispositions en matière de flagrant délit, je reste écroué à Kondengui, sans voix.
Merci de m’aider à sortir de cette injustice, alors même que je dois me trouver un travail. Je ne connais ni la fille ni son école, prisonnier d’un acte criminel traité au TPI d’Ekounou au lieu du TGI Mfoundi. Je sais compter sur votre bonne compréhension
Brand Kamga en difficulté…”.
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