Par Kamel M. – Les ressortissants algériens résidant légalement en France se trouvent pris en otage par des mesures insidieuses. Détenteurs de cartes de résidence de dix ans, ils voient leur stabilité administrative remise en question par des procédures de renouvellement alourdies et humiliantes : justificatifs multiples, exigences déconnectées de leur droit au séjour, jusqu’à la demande de preuves d’abonnement aux transports publics. Ce traitement injuste frappe des citoyens respectueux des lois et contribue à transformer une tension diplomatique en souffrance quotidienne pour des Algériens installés, travailleurs et contribuables.
Ces pratiques administratives s’inscrivent dans le contexte de la crispation politique entre Paris et Alger, où on feint de distinguer l’aspect diplomatique du caractère humain, alors que ce sont précisément nos ressortissants qui paient le prix fort. En prenant les résidents algériens en otage, les autorités françaises ferment toute perspective de dégel durable des relations bilatérales. Car rien n’empoisonne plus une relation d’Etat à Etat que l’injustice vécue au quotidien par les citoyens.
A cette pression bureaucratique s’ajoute un climat médiatique délétère. D’un côté, des attaques frontales contre l’Algérie, portées par des relais présentés comme indépendants mais dont la proximité idéologique et politique avec le pouvoir ne trompe plus personne. De l’autre, des mesures administratives silencieuses, mais tout aussi condamnables, pour envoyer un message politique sans jamais l’assumer publiquement.
Cette double stratégie – diabolisation médiatique et coercition administrative – fragilise non seulement les Algériens de France, mais aussi l’idée même d’une relation apaisée entre deux pays, au moment où le successeur de Bruno Retailleau brosse hypocritement dans le sens du poil.
Gouverner par la rancune et la punition collective n’a jamais produit autre chose que du ressentiment. Et l’administration, lorsqu’elle devient instrument de règlement de comptes diplomatiques, cesse d’être un service public pour devenir une arme politique.
K. M.