À cette occasion, le ministre Alamine Ousmane Mey a appelé ses collaborateurs à « renforcer la cohérence, l’efficacité et l’impact de l’action publique », dans un contexte marqué par le lancement du nouveau septennat des Grandes Espérances impulsé par le président Paul Biya. Dans un environnement international contraignant, caractérisé par des tensions géopolitiques persistantes et un accès plus coûteux aux financements, le Cameroun affiche une trajectoire macroéconomique jugée résiliente.
La croissance du PIB réel est estimée à 3,9 % en 2025, tirée par le secteur non pétrolier, avec une projection de 4,2 % en 2026. Le gouvernement indique également avoir engagé des mesures visant à accroître la production locale et à contenir l’inflation, avec une perspective de retour vers le seuil communautaire de 3 %. Au cœur des échanges, la réforme de la nomenclature budgétaire de l’État occupe une place structurante. Elle vise à rendre la lecture du budget plus lisible et plus orientée vers les résultats.
Concrètement, il s’agit de mieux relier les ressources allouées aux politiques publiques et aux effets attendus sur l’économie et les territoires. Selon le ministre, le Projet de performance du Minepat pour 2026 traduit « la volonté du gouvernement de consolider les fondements d’une croissance durable, inclusive et résiliente, tout en accélérant la transformation structurelle de l’économie ». L’exécution du Budget d’Investissement Public (BIP) constitue un autre axe central.
Le BIP regroupe les dépenses de l’État destinées aux infrastructures, aux équipements collectifs et aux projets structurants. Le Minepat insiste sur une exécution plus rigoureuse, fondée sur le respect des procédures, le suivi des projets et la coordination entre services centraux et déconcentrés. Pour Alamine Ousmane Mey, « la crédibilité de l’action publique repose sur une planification rigoureuse et un suivi efficace des projets ».
Les arbitrages budgétaires pour 2026 traduisent des priorités clairement identifiées. L’industrialisation est présentée comme un levier de réduction de la dépendance aux importations et de création d’emplois. La promotion de l’investissement privé vise à compléter l’effort public, dans un contexte de marges budgétaires contraintes. La décentralisation, quant à elle, est appelée à renforcer la capacité des territoires à porter des initiatives économiques adaptées à leurs réalités.
La question des financements innovants est également mise en avant. Elle renvoie à la diversification des sources de financement des projets publics, au-delà des ressources budgétaires classiques, afin de soutenir l’investissement dans un contexte de durcissement des conditions d’emprunt. Cette orientation s’accompagne d’un accent sur la gouvernance publique, condition de la confiance des partenaires et des investisseurs.
Les travaux de l’atelier se sont structurés autour de trois thématiques : la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes comme réponse aux chocs climatiques et économiques ; les conditions d’une exécution efficiente du BIP 2026 ; et les mesures incitatives destinées à améliorer la performance des services déconcentrés. Ces échanges ont débouché sur des recommandations visant à améliorer la collaboration interne et l’efficacité globale de l’action publique.
Inscrite dans les pratiques du Minepat, cette rencontre prépare la Conférence annuelle des responsables des services centraux et déconcentrés. Elle s’impose comme un cadre de concertation technique, où les orientations budgétaires et économiques sont traduites en lignes d’action opérationnelles, au service de la transformation structurelle de l’économie camerounaise.