CAMEROUN :: Scanning au Port de Douala : Le ministre des Finances sonne l’alarme budgétaire :: CAMEROON
Le silence pesant du ministre des Finances camerounais vient de voler en éclats. Louis Paul Motaze sort enfin du bois dans l’affaire du scanning au Port autonome de Douala, et ses mots claquent comme un avertissement sans détour. Entre rappel à l’ordre juridique et menace financière, le MINFI pointe du doigt une décision qui pourrait coûter cher à l’État.
L’affaire paraissait enterrée. Pourtant, la suspension unilatérale des opérations de contrôle par scanner au Port de Douala continue de faire des vagues. Louis Paul Motaze, réputé pour sa discrétion, a choisi de briser le silence. Son message est clair : la décision prise par la direction du port ignore les règles contractuelles en vigueur et expose le Cameroun à des risques financiers majeurs.
Le ministre n’y va pas par quatre chemins. Il rappelle que des contrats lient l’État camerounais à des prestataires internationaux pour le scanning des conteneurs. Rompre ces engagements sans procédure légale ouvre la porte à des contentieux internationaux. Et les indemnités réclamées pourraient peser lourd dans un contexte budgétaire déjà tendu.
Ce qui inquiète Motaze, c’est la forme autant que le fond. Les décisions concernant les infrastructures portuaires et les dispositifs de contrôle douanier ne peuvent se prendre dans l’improvisation. Elles engagent la crédibilité du pays sur la scène économique internationale. Toute modification doit respecter un cadre légal strict, impliquant consultations, validations ministérielles et garanties juridiques.
Le directeur général du Port autonome de Douala reçoit ainsi un sévère rappel à l’ordre. Sans le nommer explicitement, le MINFI pointe les dérives d’une gestion qui s’affranchit des règles. Les enjeux dépassent largement le périmètre portuaire : c’est la gouvernance des grands projets d’État qui est questionnée.
Derrière cette passe d’armes administrative se profile une bataille d’influence. Le port de Douala reste le poumon économique du pays, gérant plus de 95 % du trafic maritime national. Toute perturbation affecte directement les recettes douanières, les délais de dédouanement et la compétitivité du Cameroun face aux ports concurrents de la sous-région.
Les opérateurs économiques observent avec inquiétude. L’incertitude juridique freine les investissements. Les importateurs redoutent des blocages supplémentaires. Et les partenaires internationaux attendent des clarifications avant de s’engager davantage.
Louis Paul Motaze pose ainsi les jalons d’un débat plus large : comment moderniser les infrastructures sans sacrifier la sécurité juridique ? Comment concilier souveraineté nationale et obligations contractuelles ? Les réponses conditionneront l’avenir du commerce extérieur camerounais.
Cette sortie publique du ministre marque un tournant. Elle signale que la tutelle financière de l’État ne tolérera plus les initiatives hasardeuses. Le message est adressé à toutes les structures publiques : respecter les procédures ou assumer les conséquences budgétaires.
Reste à savoir si cet avertissement suffira à remettre de l’ordre dans la gestion portuaire. Ou si le bras de fer entre administrations se poursuivra, au risque de fragiliser davantage un secteur déjà sous tension.
La mise en garde du ministre des Finances suffira-t-elle à éviter un contentieux international qui pourrait coûter des milliards au Cameroun ?
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