À N’Djamena, la capitale tchadienne, les décoctions à base de racines de plantes et d’épices, comme le clou de girofle, sont largement vendues et consommées pour leurs vertus médicinales traditionnelles. Ces remèdes dits « naturels » sont souvent présentés comme bénéfiques pour la santé et occupent une place importante dans la médecine traditionnelle. Toutefois, leur usage n’est pas sans risques, comme l’explique le Dr Sobdjolbo Olivier, interrogé par notre rédaction.
« Effectivement, ces produits sont consommés un peu partout pour leurs multiples vertus », confirme le Dr Sobdjolbo. Les racines de plantes et certaines épices sont utilisées pour soulager divers maux, notamment les troubles digestifs, les douleurs inflammatoires ou encore certaines affections chroniques. Cependant, prévient-il, leur consommation excessive ou non contrôlée peut présenter de sérieux dangers pour la santé.
Le clou de girofle, par exemple, est soupçonné par certains chercheurs d’être potentiellement hépatotoxique (toxique pour le foie) et néphrotoxique (toxique pour les reins). « Une consommation excessive, sans respect des doses recommandées, pourrait à long terme entraîner une insuffisance rénale ou hépatique », explique le médecin. Il précise toutefois qu’à ce jour, aucune étude scientifique expérimentale n’a formellement établi ces effets de manière définitive.
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Concernant les bénéfices thérapeutiques revendiqués, le Dr Sobdjolbo se montre prudent. Il reconnaît que les praticiens de la médecine traditionnelle attribuent à ces décoctions la capacité de soigner de nombreuses maladies, mais souligne que cela ne doit pas occulter les risques potentiels. « Le véritable problème, c’est la question de la posologie », insiste-t-il. Une dose inadaptée ou excessive peut dépasser les capacités physiologiques des organes vitaux et provoquer des complications graves.
Le médecin rapporte par ailleurs que certains patients souffrant d’insuffisance rénale, actuellement sous dialyse, ont déclaré avoir consommé régulièrement ces décoctions dans leur passé médical. « Cela laisse penser que cette pratique pourrait constituer un facteur aggravant de certaines pathologies rénales, surtout lorsqu’elle est prolongée et non encadrée », souligne-t-il.
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Face à cette situation, le Dr Sobdjolbo recommande vivement à la population de faire preuve de prudence et de consulter un professionnel de santé dès l’apparition des premiers symptômes. « Il est essentiel de respecter les prescriptions médicales et d’éviter l’automédication excessive », rappelle-t-il, avant d’ajouter : « Dans la mesure du possible, il est préférable de limiter la consommation non contrôlée des décoctions de racines afin de prévenir des risques sanitaires inutiles. »