Par Youcef Benzatat – La Coupe d’Afrique des nations 2025 qui vient de se dérouler au Maroc a vu l’Afrique l’emporter haut la main contre l’entité organisatrice, qui s’est servi du Makhzen en tant qu’instrument pour accomplir sa besogne néfaste comme elle l’a fait au Moyen-Orient par l’instrumentalisation de l’entité sioniste contre l’Irak, la Libye, la Syrie, le Liban et le génocide en cours contre les Palestiniens de Gaza. Au sifflet final, ce n’est pas seulement le peuple sénégalais qui est sorti fêter le sacre des Lions de la Teranga, mais c’est tout le peuple africain qui a manifesté dans une explosion de joie sans précédent dans l’histoire du continent. Pour la première fois, le peuple africain est sorti manifester sa joie à l’unisson en solidarité avec l’un de ses membres qui a été victime, comme lui, du complot qui le visait à travers cet évènement sportif.
L’entité organisatrice de ce complot avait un objectif clair et précis : humilier l’Algérie et faire triompher l’équipe du Makhzen. Faire passer celui-ci pour un pays moderne, développé, sérieux, capable de réaliser de grands évènements internationaux et de hisser son équipe au sacre final. En face, l’Algérie devait apparaître comme un pays insignifiant, bricoleur, avec un public de supporteurs bruyants, que caractérisent l’incivilité, la violence et le sous-développement. A cette occasion, l’Algérien fut caricaturé jusqu’à l’enfantillage. Il fut accusé tour à tour de voleur de ballons, de fruits secs, d’affamé de yaourt et de beaucoup d’autres caricatures caractérisées.
Cette image en miroir devait servir d’écran de fumée à ceux qui doutent encore que le combat que mène l’Algérie en soutien aux peuples spoliés de leur terre, de leur souveraineté et de leur autodétermination ne serait que chimère, et que l’adhésion aux accords d’Abraham et la reconnaissance du Sahara Occidental comme appartenant au Maroc serait la bonne voie que les Africains devraient suivre. A cet effet, une brigade spéciale du Makhzen avait été affectée particulièrement à la chasse aux drapeaux palestiniens.
L’Algérie, considérée par cette entité organisatrice comme une ligne de front anti-impérialiste et antisioniste parmi les nations émergentes, comme le sont l’Iran, le Venezuela, Cuba, l’Afrique du Sud et d’autres pays jaloux de leur souveraineté, devait être discrédité aux yeux de l’opinion et son exemplarité neutralisée.
Tout a été orchestré comme une symphonie pour sourds et malvoyants. C’est là une caractéristique essentielle du fascisme, stade suprême de l’entité impérialo-sioniste. A l’exemple du génocide en cours à Gaza, où l’on continue à débattre sur la définition du génocide pendant que l’on est en train d’exterminer les derniers survivants. D’abord, il fallait restreindre l’accès aux stades aux supporteurs des équipes indésirables, et particulièrement aux Algériens, par une rareté délibérée des billets. Bien avant, le tirage au sort de la compétition fut réalisé de sorte à favoriser l’équipe du Makhzen et dresser un parcours de combattant pour l’Algérie.
Une fois la partie commencée, c’est l’arbitrage qui prenait le relais. Au su et au vu de l’opinion mondiale scandalisée, de telle sorte qu’un consultant européen prononça cette phrase qui résume à elle seule cet aspect du complot par la critique de l’arbitrage : «Qu’on leur donne la coupe et on arrête de nous manquer de respect et de manquer de respect aux joueurs eux-mêmes !» La symphonie a failli être exécutée à terme si ce n’est un sursaut de dignité, de bravoure et de courage des Sénégalais qui ont réussi un coup de maître en mettant l’arbitre de la rencontre finale hors de lui et en neutralisant chez lui toute volonté de nuire pour s’emparer du trophée.
Le sentiment d’impuissance et d’humiliation que provoqua cet échec au sein des exécutants de cette entité organisatrice résonna comme l’effet des missiles iraniens sur Tel-Aviv pendant la guerre des douze jours. A tel point que le président de la Fifa, celui de la CAF et son associé de la fédération du Makhzen présents dans la tribune officielle ne savaient plus où tourner la tête, à part se la prendre entre les mains et se noyer dans leur chagrin.
Pire, le représentant officiel du Makhzen, en la personne du frère du monarque, a même refusé de remettre le trophée au capitaine des vainqueurs. On avait l’impression soudainement de revivre les Jeux olympiques de 1936, lorsqu’Hitler avait refusé d’admettre qu’un noir américain s’eût distingué au-dessus de la «race arienne».
C’est juste une bataille de propagande de gagnée contre cette entité fasciste qui ne survie que par la production de la mort et la destruction contre l’humanité. La guerre est encore longue et douloureuse. Car le fascisme a ceci de particulier, il ne s’avoue jamais vaincu et n’abandonne jamais son offensive, à l’image d’Hitler et son cercle restreint qui continuaient à donner des ordres de combat à des troupes fantomatiques dans un pays dévasté où ne subsistait que leur bunker debout, avant de se donner la mort plutôt que de capituler.
Il suffit de voir l’acharnement de la Fifa et de la CAF administrant des sanctions surréalistes et disproportionnées contre l’Algérie et le Sénégal pour se rendre à l’évidence.
Ce qui reste à faire aux fédérations africaines, c’est de prendre leur destin en main en faisant table rase de la CAF telle qu’elle existe aujourd’hui, et de la restructurer de sorte qu’aucun loup ne puisse s’y immiscer sans se faire botter, comme l’a si bien suggéré Ali Bencheikh, par sa connaissance subtile des coulisses de cette instance et son expérience africaine de grand joueur de football.
Y. B.