Réunie en séance plénière ce mardi 20 janvier 2026, l’Assemblée Législative de Transition (ALT) a procédé à l’adoption du projet de loi portant révision de la Constitution du 2 juin 1991. Portée par le Gouvernement, cette réforme consacre une restructuration profonde des institutions républicaines, visant à les adapter aux impératifs de souveraineté et d’efficacité de l’État burkinabè.
Sous la présidence du Dr Ousmane Bougouma, Chef du Parlement, et en présence du ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, les parlementaires ont validé des modifications stratégiques visant à renforcer l’efficacité de l’appareil étatique.
L’une des innovations majeures de cette révision est la création d’un organe unique de régulation. Cette nouvelle entité naîtra de la fusion entre : Le Conseil Supérieur de la Communication (CSC) ; La Commission de l’Informatique et des Libertés (CIL).
Ce pôle unique aura pour mission de réguler non seulement la communication classique, mais aussi la protection des données à caractère personnel et l’encadrement des contenus numériques.
L’objectif est de répondre aux défis posés par l’expansion fulgurante des réseaux sociaux et des médias en ligne.
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Le texte adopté prévoit également une mutation profonde pour l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de lutte contre la corruption (ASCE-LC).
Bien que l’existence d’un organe de lutte contre la corruption soit maintenue dans la Constitution (via la modification des articles 160.5 et 160.6), sa dénomination spécifique en est retirée.
Désormais, c’est une loi organique qui définira le nom, les attributions et le fonctionnement de ce nouvel organe. Cette approche vise à garantir une plus grande stabilité institutionnelle tout en offrant la souplesse nécessaire pour adapter ses missions aux réalités du terrain.
Pour le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, ces réformes ne sont pas de simples ajustements techniques. Elles s’inscrivent dans une dynamique globale. « Les révisions de la constitution présentées par le Gouvernement visent à répondre à des impératifs et à des nécessités d’urgence pour recadrer et accompagner la dynamique actuelle de l’action du Gouvernement et accompagner la vision du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré », a-t-il déclaré.
Cette relecture de la Loi fondamentale du 2 juin 1991 traduit l’ambition des autorités de poser les jalons d’un État refondé.
En engageant ces réformes structurelles, tant politiques qu’administratives, le pouvoir entend rompre avec les lourdeurs du passé pour instaurer une gouvernance de rupture, caractérisée par la modernité, l’agilité et une efficacité accrue au service du citoyen.
Sié Frédéric KAMBOU
Burkina 24