Les échanges ont porté sur la mise en place d’un cadre structuré de coopération bilatérale, destiné à offrir davantage de lisibilité aux investisseurs émiratis intéressés par le marché camerounais. Ce cadre vise notamment à réduire les incertitudes réglementaires, à clarifier les modalités de partenariat public-privé et à faciliter l’implantation d’entreprises étrangères. Plusieurs instruments concrets ont été évoqués : l’augmentation des volumes de financement, la création de joint-ventures — des entreprises détenues conjointement par des partenaires camerounais et émiratis —, l’organisation de missions économiques sectorielles et le développement de zones économiques dédiées. Ces zones ont pour vocation de concentrer les infrastructures, les services et les incitations nécessaires à l’accueil des investisseurs.
La rencontre s’inscrit dans une séquence diplomatique ciblée, centrée sur l’attractivité du pays et la sécurisation des investissements directs étrangers (IDE). Les IDE désignent les capitaux injectés par des entreprises ou des États étrangers dans l’économie d’un pays, avec un objectif de contrôle durable et de création de valeur locale. Pour le Cameroun, ils constituent un levier central de financement du développement, dans un contexte de besoins d’investissement élevés et de marges budgétaires contraintes.
Des secteurs ciblés à forte intensité capitalistique
L’agenda sectoriel discuté couvre des domaines à forte intensité. Parmi lesquels ; l’énergie, les télécommunications, la logistique, les mines, l’agriculture, le logement, mais aussi numérisation, l’intelligence artificielle et les services numériques. Ces secteurs sont identifiés comme prioritaires par les autorités camerounaises en raison de leur potentiel de création d’emplois, de substitution aux importations et de montée en gamme de l’économie. « Nous avons échangé sur de nombreux projets, dont certains relèvent de partenariats avec le gouvernement, avec pour objectif de mettre en place un cadre clair destiné aux investisseurs et aux entreprises souhaitant venir investir », a déclaré Dr Thani Bin Ahmed Al Zeyoudi, précisant que plusieurs domaines d’investissement avaient été examinés, de l’énergie aux technologies numériques, en passant par l’agriculture et le logement.
La coopération économique entre le Cameroun et les Émirats arabes unis ne part pas de zéro. Elle repose notamment sur le Fonds d’Abu Dhabi pour le Développement, institution publique de financement du développement avec laquelle le Cameroun dispose d’un portefeuille actif comprenant un projet en cours d’un montant de 15 millions de dollars américains. Ce type de financement concessionnel vise à soutenir des projets structurants, souvent à long terme, dans les infrastructures et les secteurs productifs.
L’audience de Yaoundé intervient également dans le prolongement de la signature récente d’un mémorandum d’entente entre l’État du Cameroun et SGC Group of Companies Investment LLC. Cet accord ouvre la voie à des investissements multisectoriels émiratis, en combinant capitaux privés, expertise technique et partenariats locaux.
Une cohérence avec la trajectoire macroéconomique
L’ensemble de ces initiatives s’inscrit dans le cadre de la Stratégie nationale de développement 2020–2030 (SND30), dont les besoins de financement sont estimés à 8 000 milliards de FCFA, soit environ 13,95 milliards de dollars américains. Pour les autorités camerounaises, l’enjeu est de diversifier les sources de financement, d’attirer des capitaux stables et de les orienter vers des projets à impact économique mesurable. « Cette rencontre marque le début d’une relation solide et durable entre nos deux nations », a affirmé le ministre émirati du Commerce extérieur, indiquant que des projets à fort impact portés par les Émirats arabes unis étaient appelés à se concrétiser au Cameroun, en coordination avec les différentes administrations sectorielles.