MAROC :: L’ENTRAINEUR SENEGALAIS : LA VICTOIRE N’EXCUSE PAS TOUT, IL FAUT SANCTIONNER :: MOROCCO
Avant tout débat, j’aimerais dire qu’on doit sanctionner l’entraîneur sénégalais afin d’éviter que ce comportement ne fasse tache d’huile. Le football est un sport d’émotions où l’on doit accepter aussi bien la victoire que la défaite. Dominer un match ne garantit jamais un succès tant que le coup de sifflet final n’a pas retenti. Le geste posé par l’entraîneur du Sénégal est inacceptable et porte atteinte aux règles fondamentales du jeu. Il s’agit d’une faute grave, qui appelle une sanction exemplaire. On ne vient pas dans une compétition en pensant qu’on doit à tout prix gagner.
Nous le savons tous, une finale de Coupe d’Afrique est un théâtre concentré de passions, d’injustices réelles ou supposées, de colères anciennes et de rêves trop lourds pour une seule nuit. Le Sénégal a gagné cette finale. Méritée, solide, autoritaire. Mais il serait malhonnête de dire qu’il l’a gagnée sans se perdre, un instant, lui-même. Lorsque le but sénégalais est refusé, la colère est compréhensible. Lorsque le penalty est sifflé contre le Sénégal, la frustration est humaine. Lorsque les dysfonctionnements récurrents de la CAF ressurgissent, l’exaspération est légitime. La colère n’est pas un crime. Mais elle n’est pas une règle. Rappeler son équipe aux vestiaires, en pleine finale, n’est pas un acte de courage réglementaire. C’est un geste de rupture. Et dans le football, la rupture n’appartient jamais à l’entraîneur.
Le coach sénégalais n’a pas « pété un câble », certes. Mais il a franchi une ligne. Une ligne simple, connue de tous, acceptée avant même le premier coup de sifflet ; l’arbitre est le maître du jeu. On peut contester après, dénoncer publiquement, saisir les instances. Mais on ne se rend pas justice sur le terrain. Il faut être clair, brutalement clair ; si le Sénégal était resté aux vestiaires, le Maroc aurait été déclaré vainqueur. Fin de l’histoire. Pas de débat. Pas de symbole. Pas de révolution. Ensuite seraient venues les conséquences prévues par le règlement ; forfait acté, sanctions lourdes, suspension du coach, sanctions individuelles, équipe nationale pénalisée, générations futures impactées. Ceci n’est pas de la spéculation. C’est le règlement. Un penalty n’est pas un but. Une injustice perçue n’est pas une autorisation à désobéir.
Un entraîneur, surtout lorsqu’il est ancien joueur, le sait mieux que quiconque. Si cette finale n’a pas basculé dans l’irréparable, ce n’est pas grâce à la colère, mais grâce au retour à la raison. Et ce retour porte un nom : Sadio Mané. Sans son intervention, sans sa lucidité, sans sa capacité à comprendre les enjeux au-delà de l’instant, le Sénégal serait peut-être aujourd’hui vainqueur moral, mais sûrement perdant officiel. Le paradoxe est cruel ; le geste le plus irresponsable du match est venu du banc, tandis que le geste le plus responsable est venu du terrain. Beaucoup ont voulu voir dans cet épisode un acte fondateur, un précédent, un sursaut africain. L’intention est noble.
Mais la méthode est fausse. La dignité n’est pas l’abandon du jeu. La dignité, c’est gagner malgré le jeu biaisé, pas en le quittant. Comparer cet épisode à des actes historiques de résistance est symboliquement séduisant, mais sportivement dangereux. Le football n’est pas un tribunal politique. Refuser une décision arbitrale sur le terrain n’est pas un appel, c’est une infraction. Si un juge rend un verdict injuste, on fait appel. On ne quitte pas le tribunal. Oui, le Sénégal mérite amplement cette CAN. Oui, il a été plus fort. Oui, il a montré que l’Afrique peut gagner sans se soumettre. Mais l’attitude du coach ne doit pas devenir un modèle, encore moins être glorifiée. Elle doit être analysée, corrigée, encadrée. Car demain, d’autres équipes tenteront la même chose. Et cette fois, il n’y aura peut-être pas de Sadio Mané pour sauver l’essentiel. Le Sénégal a gagné le trophée et le respect du continent. Mais cette finale laisse une question ouverte, essentielle : veut-on changer le football africain par la rupture ou par la maîtrise ? La colère peut ouvrir les yeux, mais seules la lucidité, la discipline et l’intelligence collective changent durablement les règles du jeu. Et sur ce point précis, malgré la victoire, le banc sénégalais a failli.
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