Depuis quelques semaines, l’abattoir local de la ville de Koumra, chef-lieu de la province du Mandoul, peine à satisfaire la population en viande bovine. Une situation qui affecte directement les habitudes alimentaires des ménages et suscite de nombreuses inquiétudes.
Parallèlement, la viande issue des petits ruminants, de moins en moins visible sur les étals du marché moderne, est majoritairement destinée aux restaurants et cafétérias de la ville.
Chaque jour, avant 13 heures, il devient difficile, voire impossible, de trouver de la viande de bœuf sur les étals du marché moderne, faute d’un nombre suffisant de têtes de bétail abattues.
Les ménagères ne cachent pas leur colère. Taroumta, rencontrée au marché, déplore la flambée des prix. « À Koumra, la population consomme majoritairement la viande de bœuf. Aujourd’hui, elle est devenue rare et chère, presque un luxe. Le kilogramme qui coûtait 1 500 francs se vend désormais entre 2 000 et 2 500 francs, selon la disponibilité », s’indigne-t-elle.
Justifications des bouchers
Un boucher confie sous couvert d’anonymat : « Avec seulement trois bœufs abattus par jour, il est impossible de satisfaire tout le monde. Même nous, bouchers, peinons aujourd’hui à nourrir nos enfants en viande de bœuf comme auparavant. »
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Interrogé à ce sujet, le président de l’Association des bouchers du Mandoul, Adoum Saleh Mahamat, explique que cette situation est en grande partie liée à l’exportation massive des bœufs vers les pays voisins, notamment le Nigeria et le Cameroun, où les prix sont jugés plus attractifs. « Avant, nous pouvions abattre entre sept et dix bœufs par jour pour nourrir la population. Aujourd’hui, c’est devenu difficile. Non seulement les bœufs coûtent cher, mais les commerçants préfèrent les acheminer vers Peni pour l’exportation. Nous nous débrouillons désormais avec de petits bœufs achetés entre 80 000 et 100 000 francs », a-t-il expliqué.
Alex Loubadjo Djassibaye