Dans un communiqué officiel publié mardi, l’État-major général des armées a annoncé le déploiement de forces militaires dans la zone de Korbol, dans la province du Moyen-Chari, à la suite d’exactions attribuées à un « groupe de bandits armés » qui, selon l’armée, se livrait depuis un certain temps à des pratiques « humiliantes et dégradantes » contre des civils.
Selon le communiqué, un accrochage est survenu le 13 janvier 2026 dans la zone de Kono, au cours de ce déploiement. L’armée nationale fait état d’un bilan provisoire de trois militaires tués et dix blessés dans ses rangs. Elle affirme avoir « mis en déroute » les assaillants, en leur infligeant « plusieurs pertes en vies humaines et des blessés ».
L’État-major assure que la situation est désormais « sous contrôle » et précise que des opérations de ratissage et de sécurisation se poursuivent afin de neutraliser les derniers éléments armés encore présents dans la zone.
Ces événements interviennent dans un contexte marqué par des informations persistantes faisant état d’affrontements entre l’armée nationale et des éléments du Mouvement pour la paix, la réconciliation et le développement (MPRD), un mouvement historiquement implanté dans le sud du pays. Plusieurs colonnes militaires ont en effet été aperçues ces derniers jours quittant N’Djaména en direction du sud, alimentant les spéculations sur une opération de plus grande envergure.
L’enclavement de la zone de Korbol, la faible couverture des réseaux de télécommunication et la volatilité de la situation sécuritaire rendent toutefois difficile toute vérification indépendante des faits sur le terrain.
Le MPRD a été fondé par Djibrine Dassert, ancien compagnon de route de Idriss Deby Itno. Les deux hommes avaient combattu ensemble au sein de l’offensive partie de l’est du Tchad qui avait conduit à la chute du président Hissène Habré en décembre 1990 et à l’arrivée au pouvoir de Deby père.
En novembre 2005, Djibrine Dassert avait rompu avec son ancien allié et pris les armes contre le pouvoir central, se retranchant dans sa zone d’influence de Korbol. Le chef rebelle est depuis décédé, mais son mouvement est resté actif, selon plusieurs sources concordantes.
Depuis le décès de Djibrine Dassert, la direction du MPRD est assurée par son vice-président, Djédouboum Sadoum, basé en France, désormais présenté comme le nouveau chef du mouvement.
Bien que le MPRD ne soit pas considéré comme une menace existentielle pour le pouvoir central, les autorités n’ont jusqu’à présent jamais totalement réussi à démanteler ce groupe, dont l’activité sporadique continue de peser sur la stabilité sécuritaire dans certaines zones du sud du pays.