Plus de 350 tracteurs mobilisés par des agriculteurs en colère ont stationné mardi devant l’Assemblée nationale française à Paris, en signe de protestation notamment contre la signature du traité UE-Mercosur prévue samedi.
Cette nouvelle étape parisienne menée par le premier syndicat agricole, la FNSEA et son allié des Jeunes Agriculteurs, intervient quelques jours à peine après les actions coup de poing d’autres syndicats, la Coordination rurale et la Confédération paysanne, eux aussi entrés dans Paris.
Jusqu’ici, les annonces du gouvernement n’ont pas suffi à calmer la colère agricole. «On est au bout du bout, ça fait trois ans qu’on ne dégage pas de revenu sur nos exploitations. Les politiques sont incapables de nous donner un cap», a déclaré devant l’Assemblée Guillaume Moret, responsable FNSEA en Ile-de-France (la région de la capitale).
Ravivée par la gestion gouvernementale de l’épizootie de dermatose bovine dans le Sud-Ouest, la contestation est nourrie par la signature imminente de l’accord de libre-échange UE-Mercosur et, plus largement, par un ras-le-bol général d’une profession confrontée directement aux aléas climatiques et économiques.
Outre la France, des manifestations ont eu lieu en Italie, Pologne ou Irlande. La ratification du traité UE-Mercosur dépend encore d’un vote qui s’annonce serré au Parlement européen, pas avant février. Un grand rassemblement d’agriculteurs est prévu devant son siège strasbourgeois le 20 janvier.
Pour rappel, jeudi dernier, des agriculteurs venus par dizaines sont entrés dans Paris avec leurs tracteurs gagnant la Tour Eiffel et l’Arc de Triomphe. Les agriculteurs ont demandé, ce jour-là, notamment d’être reçus par la présidente de l’Assemblée nationale et le président du Sénat français.
R. I.