Entre champs et casernes : Bondokuy, symbole de souveraineté et de paix
À Bondokuy, dans la région des Bankui au Burkina Faso, souffle un vent nouveau. Ici, la dynamique enclenchée par la Révolution progressiste populaire (RPP) s’ancre dans les terres, portée par une armée qui reconquiert non seulement le territoire, mais aussi son autonomie nourricière. Au détachement de l’Escadron de sécurisation routière et d’intervention de la deuxième légion, les gendarmes mettent la daba au service d’un idéal : l’autosuffisance alimentaire. Et leurs premiers résultats ravivent l’espoir d’un Burkina qui entend reprendre en main son destin. Reportage !
À Bondokuy, la terre raconte aujourd’hui une autre victoire : celle d’hommes en treillis qui, une fois les armes au repos, s’agenouillent pour redonner vie aux sillons longtemps désertés.
Dans cette commune de la Province des Banwa, Région des Bankui, l’offensive agro-pastorale portée par la Révolution progressiste populaire (RPP) se lit désormais dans les champs autant que dans les postes avancés, où les soldats de l’ESRI 2 cultivent la paix comme ils sécurisent le territoire.
Une armée combattante et productive
Ils demeurent des guerriers, mais aussi des artisans de paix. Des patriotes debout sur tous les fronts. Kalachnikov en bandoulière, ils défendent depuis une décennie l’intégrité du Burkina Faso face à une guerre éprouvante. Pourtant, leur engagement ne s’arrête pas aux armes.
Daba en main, ils contribuent désormais à l’effort national d’autosuffisance alimentaire, renouant avec un idéal cher au Président Thomas Sankara, que ravive aujourd’hui la Révolution progressiste populaire menée par le Capitaine Ibrahim Traoré.
Quelques éléments de ESRI 2
Au-delà de leur mission première, reconquérir et sécuriser les axes routiers stratégiques du pays grâce à des patrouilles permanentes, les éléments de l’Escadron de sécurisation routière et d’intervention se sont engagés sur un second front : celui de l’autosuffisance alimentaire.
Autour de leur caserne de Bondokuy, ils ont tiré profit des terres généreuses de la région pour mettre en valeur plusieurs spéculations. Deux hectares sont consacrés au soja, tandis que huit hectares accueillent l’arachide, le niébé et d’autres cultures vivrières.
Selon le capitaine Sanky, commandant de l’ESRI 2, ces initiatives s’inscrivent pleinement dans l’offensive agro-pastorale et halieutique lancée par le Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim Traoré, pour conduire le pays vers l’autosuffisance alimentaire.
Capitaine Sanky, commandant de ESRI 2 à Bondokuy
Il soutient que ces réalisations ont été possibles grâce à l’amélioration de la situation sécuritaire de cette partie du pays.
« Il faut mentionner que ces activités ont été possibles du fait que cette zone de Bondokuy est actuellement relativement calme. Ce qui a d’ailleurs facilité la mise en œuvre des activités agricoles », confie-t-il.
Lire aussi👉🏿 Boukary Zoungrana : De la ville aux champs, pour inspirer la jeunesse !
Le commandant de l’ESRI 2 souligne le retour progressif de la quiétude dans la zone, bien loin, dit-il, des discours alarmistes tenus çà et là. « C’est parce que la zone est relativement calme qu’on parvient à vaquer à d’autres occupations », affirme-t-il.
Le choix des spéculations cultivées, notamment le soja, répond à une stratégie précise : produire des denrées saines et renforcer l’élevage de volaille et de petits ruminants. « Le soja est une composante essentielle de l’aliment volaille. Dans l’optique d’améliorer la nutrition de nos hommes, nous développons l’élevage. Ce soja servira à fabriquer leur aliment », explique-t-il.
Déjà 20 tonnes toutes spéculations confondues récoltées
Il indique également que le soja peut être utilisé pour faire des ingrédients de cuisine. Car, note-t-il, ils ont opté pour le « consommer local », et ce soja sera utilisé pour produire de l’huile alimentaire. « Et les résidus, on pourra aussi les utiliser pour produire de l’aliment pour bétail », fait-il savoir.
Une population engagée aux côtés des forces combattantes
Les forces combattantes et la population sont en parfaite harmonie. C’est pourquoi la population a décidé délibérément de céder des terres cultivables aux FDS. Et le capitaine Sanky d’affirmer que la population les a soutenus sur plusieurs plans. « Que ce soit les terres cultivables ou les semences, les populations ont été vraiment d’un grand apport », témoigne-t-il.
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À un peu plus de trois kilomètres de leur base, les éléments de l’ESRI 2 ont mis en culture cinq hectares de niébé. Cet espace a été mis à leur disposition par Adama Séré (nom d’emprunt), qui explique n’avoir aucunement hésité lorsque les forces de défense et de sécurité l’ont approché.
Pour lui, cette initiative s’inscrit pleinement dans la vision nationale de l’autosuffisance alimentaire, portée par l’offensive agro-pastorale engagée par les autorités.
« L’autosuffisance alimentaire est un mot d’ordre de nos autorités. On ne peut en aucun cas aller à contre-courant », confie-t-il. Il salue par ailleurs la cohésion entre les habitants de Bondokuy et les FDS déployés dans la commune. « Nous sommes fiers de notre collaboration avec les FDS », souligne-t-il.
La cohésion et la solidarité entre les forces combattantes et les populations de Bondokuy ne sont plus à démontrer. Le camp qui abrite la caserne de l’ESRI 2 est une initiative des populations de cette commune ainsi que de sa diaspora, qui se sont mobilisées pour le construire en soutien aux militaires en détachement dans leur localité afin qu’ils soient dans les meilleures conditions. Car, à leur arrivée à Bondokuy, ils dormaient dans une école.
Le « plat du combattant »
Concernant le niébé, le capitaine Sanky nous fait comprendre que l’expérience du terrain leur a prouvé que le haricot est un repas consistant et endurant pour les combattants.
Il raconte qu’alors qu’ils étaient en opération à Ouo, une localité dans la région du Tannounyan, les terroristes avaient posé des explosifs sur tous les axes routiers, rendant ainsi la progression des combattants difficile.
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Le terrain commandant la manœuvre, ils étaient alors appelés à faire de longues distances à pied. Il explique que la situation les a amenés à une analyse minutieuse de ce qu’ils mangeaient. C’est ainsi qu’un jour, fait-il savoir, ils décidèrent de préparer le haricot (communément appelé Benga en langue mooré).
Après que les combattants eurent mangé, ils ont parcouru une très longue distance sans se fatiguer comme avant. Ce qui, selon lui, explique le fait qu’ils en ont cultivé en quantité. Il confie que, dans leur unité, le Benga (haricot, en français) est appelé « plat du combattant ».
« À un moment donné, nous nous sommes demandés ce qu’il faut faire concrètement, du point de vue alimentaire, pour soutenir nos hommes ? C’est là que l’idée nous est venue de préparer le haricot lors des sorties (…). C’est un plat consistant, qui renferme beaucoup de nutriments et permet vraiment d’avoir de l’énergie quand on le consomme », relate-t-il.
Le soja, environ 3 à 4 tonnes sont attendues
Le capitaine Sanky poursuit qu’après cette expérience, l’ESRI 2 a institué le haricot (Benga) parmi ses repas phares. « Et quand on l’a fait, on s’est rendu compte que ça donne de très bons résultats.
On parcourt une vingtaine de kilomètres facilement. Et c’est ce qui fait qu’on a même baptisé le plat de haricot « le plat du combattant ». Le haricot, dans notre unité, s’appelle le plat du combattant », notifie-t-il.
Des récoltes au service des personnes vulnérables
Le capitaine Sanky, commandant de l’Escadron de sécurisation routière et d’intervention, indique que les productions seront également distribuées aux personnes vulnérables et aux VDP des localités nouvellement installées qui n’ont pas eu suffisamment de temps pour semer.
« Nous sommes dans une zone à fort défi sécuritaire ; il y a des personnes vulnérables (…). Une partie de notre production sera destinée à ces personnes », précise-t-il.
Voir également👉🏿 De l’école aux champs : Le parcours inspirant d’un jeune VDP agricole
Le capitaine Sanky ajoute qu’ils ont pu assainir la zone et que beaucoup de localités ont été réinstallées. « Les gens sont retournés dans leurs villages. Il faut savoir que le début n’est pas simple ; il faut vraiment un accompagnement conséquent.
Et, étant proches d’eux, dans la mesure de nos possibilités, nous ne pouvons pas rester en marge. Nous avons jugé nécessaire d’orienter une partie de la récolte à leur endroit », laisse-t-il entendre.
Capitaine Sanky expliquant pourquoi ils ont décidé de faire l’élevage du petit bétail
L’agriculture avance de pair avec l’élevage, et les éléments de l’ESRI 2 l’ont bien intégré. Sur leur base, ils élèvent de la volaille, des petits ruminants et du gros bétail, avec un objectif clair : améliorer l’alimentation des troupes.
Leur travail a été soutenu par la zone d’appui technique en agriculture de Bondokuy, qui leur a fourni un accompagnement complet. Selon le responsable de cette structure, l’appui porte notamment sur une tonne et demie d’engrais, des semences et l’itinéraire technique de production pour chacune des spéculations cultivées.
Le chef de la zone d’appui technique en agriculture
Il félicite la bravoure des boys de l’ESRI 2 qui, malgré leur agenda chargé, ont pu réussir sur le front agricole comme sur le front de la reconquête du territoire national.
« Ce sont des combattants sur deux fronts : l’agriculture et la défense du territoire. Et quand vous regardez ce qu’ils ont fait, c’est vraiment appréciable », dit-il.
Un impact visible dans le panier de la ménagère
La campagne agricole a été satisfaisante dans cette localité, selon le chef de la zone d’appui technique en agriculture de Bondokuy. À l’écouter, cela se ressent dans le panier de la ménagère avec la baisse des prix des céréales.
Sujet connexe👉🏿 Production agricole et autosuffisance alimentaire : L’espoir est permis pour relever le défi avec la jeunesse
« Le prix du sac de céréales a baissé. Tout cela montre qu’un travail a été fait (…). Le rendement est bon. Le prix du sac de céréales, vers août, tournait autour de 25 000 F CFA ; actuellement, ça tourne autour de 15 000 F CFA. C’est grâce à la forte production que le prix a effectivement baissé », mentionne-t-il.
Bondokuy, exemple de la reconquête réussie
La reconquête du territoire est devenue une réalité à Bondokuy et dans les villages environnants, désormais réinstallés. Les populations y ont repris leurs activités quotidiennes. Les forces vives de la zone saluent la détermination des soldats qui ont réussi à neutraliser et à déloger l’ennemi, permettant ainsi aux habitants de cultiver à nouveau cette année.
« Notre commune était éprouvée par la crise sécuritaire, mais grâce aux efforts des plus hautes autorités du pays et au travail des FDS sur le terrain, presque tous les villages qui avaient été déplacés… Au fur et à mesure, je peux rassurer que tous les villages sont aujourd’hui réinstallés grâce au travail et au sacrifice des FDS », témoigne-t-il.
Président de la délégation spéciale de Bondokuy
Pour le président de la délégation spéciale, leur commune est un cas réel de la reconquête du territoire national. « Deux années auparavant, si nous disions que nous pouvions nous tenir ici pour une interview, ce n’était pas évident. Mais je peux vous rassurer qu’aujourd’hui, toute la population de la commune est réinstallée. Et depuis la saison humide 2025, tous les villages ont pu cultiver », rassure-t-il.
Le PDS salue également les relations entre les forces combattantes et les populations, tout en les invitant à consolider les acquis de la reconquête.
De son côté, le chef de canton de Bondokuy loue les actions des forces combattantes qui ont contribué au retour normal de la vie à Bondokuy et dans les villages, car il y a deux ans, ils ne pouvaient pas vaquer librement à leurs activités à cause de l’activisme des forces du mal. « Cette année, les populations ont cultivé en toute quiétude et la récolte a été vraiment bonne », admet-il.
Le chef de canton de Bondokuy et le commandant de ESRI 2
Même son de cloche du côté des chefs de terre de la localité. Ils affirment qu’il y a deux ans, leur commune était devenue presque invivable, mais les actions des forces combattantes ont permis le retour de la paix et de la vie normale. « Ils font leur travail. Grâce à eux, on a retrouvé la paix. Sinon ça chauffait, mais maintenant ça va beaucoup mieux », note leur porte-parole.
La communauté musulmane de cette localité a, elle aussi, exprimé sa joie et sa gratitude aux forces combattantes pour l’amélioration de la situation sécuritaire dans leur localité.« Aujourd’hui, nous remercions Dieu. Depuis l’arrivée de l’armée dans notre village, il y a une grande amélioration de la situation. On était là dans les doutes, mais aujourd’hui la sécurité est revenue », affirme l’imam de cette commune.
Au milieu en boubou, l’imam de Bondokuy, capitaine Sanky et un membre de la communauté musulmane
À une dizaine de kilomètres de la commune, grâce à la collaboration étroite avec la population, les éléments de l’ESRI 2 ont mis en culture huit hectares de maïs. Dans cette zone, la complicité entre forces combattantes et habitants est palpable.
Ce 19 novembre 2025, il faut être présent pour le constater : la population, aux côtés des FDS et des VDP, participe à la récolte. On rit ici, on danse là-bas ; un peuple entier accompagne son armée, qui engrange des victoires sur tous les fronts. Le moment le plus émouvant reste la présence d’un sexagénaire vivant avec un handicap, ayant perdu une main, qui se joint à la récolte, symbole de courage et de résilience.
Faucon chef VDP d’un village de Bondokuy
Faucon (nom de guerre), chef des VDP du village, salue, lui également, la bonne collaboration qui existe entre ses éléments et les FDS. Pour lui, voir les gendarmes de l’ESRI 2 dans les champs a été une grande motivation. « Voir les FDS dans les champs travailler comme nous, vraiment, ça a été un grand encouragement pour nous ; ça nous a donné la motivation de travailler davantage », soutient-il.
Commandant Mori (nom de guerre), gendarme et élément de l’ESRI 2, confie que tout ce qui a été fait ici, c’est pour répondre à l’appel de l’offensive agro-pastorale lancée par les plus hautes autorités.
Sur le même sujet👉🏿 Offensive agropastorale : Le Burkina Faso franchit un cap historique vers la souveraineté alimentaire
« C’est vrai que notre première mission, c’est la sécurisation du territoire, mais, dans notre zone, la situation sécuritaire est relativement calme. Donc, à nos temps libres, nous nous adonnons aux travaux champêtres », note-t-il. Selon le commandant Mori, tout est question d’organisation, raison pour laquelle leurs travaux champêtres n’ont pas empiété sur leur mission première.
Il apprécie la collaboration sur le terrain avec les populations civiles qui leur ont donné des espaces pour cultiver. « Comme vous le voyez, ils sont sortis nombreux pour nous aider pour la récolte, ce qui témoigne de la bonne collaboration qui existe entre nous », commente-t-il.
Des productions en hausse
Dans cette zone, selon les estimations, ils attendent au moins 1000 tonnes de riz à l’issue de la récolte, dit le coordonnateur communal de la veille citoyenne. « Nous étions à l’offensive sécuritaire, qui était de reconquérir la commune.
Et chose qui est effective. Les populations ont pu rejoindre leurs localités (…). Maintenant, nous sommes passés à l’offensive agricole (…) sans vous mentir, côté riz, nous attendons plus de 1000 tonnes », dit-il.
Le coordonnateur communal de la veille citoyenne
Il poursuit qu’au niveau de leur commune, ils ont, depuis le mois d’août, lancé une opération dénommée « solidarité agissante », qui appelle tout paysan à faire un don de vivres.
« Nous allons récolter ces vivres pour remettre au capitaine pour qu’on remette aux zones inaccessibles qui sont en difficulté », note-t-il.
Delta Force (nom de guerre), élément de l’ESRI 2
Delta Force (nom de guerre), élément de l’ESRI 2, fait savoir que toute l’unité a adhéré à l’initiative, ce qui fait qu’ils ont engrangé de bons résultats. « C’est l’organisation interne. Il y a le travail de l’arme qui est là, il y a nos moments de repos aussi. Ce qui fait qu’on s’organise avec les éléments sur place pour faire ce travail », joint-il.
En somme, selon les estimations du capitaine Sanky, à la fin de la récolte, ils attendent plus de 20 tonnes de maïs, 8 tonnes de niébé, 8 tonnes de riz et 3 tonnes de soja. Les éléments de l’ESRI 2 souhaitent se lancer dans les cultures de contre-saison, mais ils sont limités en termes de moyens, selon le commandant de l’unité.
À Bondokuy, le sillon creusé par la houe et les pas des soldats raconte plus qu’une récolte : il raconte une nation qui se relève, un peuple qui s’unit et une armée qui sème l’espoir autant que la sécurité. Entre les champs et les casernes, l’avenir se cultive ici, à la mesure de la résilience burkinabè. Dans cette harmonie retrouvée, chaque grain moissonné symbolise la souveraineté, chaque sourire partagé témoigne que la patrie est entre de bonnes mains.
Willy SAGBE
Burkina 24
Encadré | Bondokuy, terre d’attache du Chef de l’État
À leur arrivée, les premiers éléments du détachement militaire de Bondokuy avaient été hébergés dans une école de la commune. C’est d’ailleurs dans ce même établissement, alors école primaire publique de Bondokuy et devenue aujourd’hui lycée départemental, que le chef de l’État, le capitaine Ibrahim Traoré, a effectué une partie de sa scolarité, avant de poursuivre ses études à Bobo-Dioulasso, deuxième ville du Burkina Faso située à environ 74 kilomètres de là.
C’est ici que le président du Faso a fait une partie de ses études primaires
Le président du Faso est originaire de la commune. Il est né à Kéra, une localité située à une dizaine de kilomètres de Bondokuy.
W.S
B24
À Bondokuy, dans la région des Bankui au Burkina Faso, souffle un vent nouveau. Ici, la dynamique enclenchée par la Révolution progressiste populaire (RPP) s’ancre dans les terres, portée par une armée qui reconquiert non seulement le territoire, mais aussi son autonomie nourricière. Au détachement de l’Escadron de sécurisation routière et d’intervention de la deuxième légion, les gendarmes mettent la daba au service d’un idéal : l’autosuffisance alimentaire. Et leurs premiers résultats ravivent l’espoir d’un Burkina qui entend reprendre en main son destin. Reportage !
À Bondokuy, la terre raconte aujourd’hui une autre victoire : celle d’hommes en treillis qui, une fois les armes au repos, s’agenouillent pour redonner vie aux sillons longtemps désertés.
Dans cette commune de la Province des Banwa, Région des Bankui, l’offensive agro-pastorale portée par la Révolution progressiste populaire (RPP) se lit désormais dans les champs autant que dans les postes avancés, où les soldats de l’ESRI 2 cultivent la paix comme ils sécurisent le territoire.
Une armée combattante et productive
Ils demeurent des guerriers, mais aussi des artisans de paix. Des patriotes debout sur tous les fronts. Kalachnikov en bandoulière, ils défendent depuis une décennie l’intégrité du Burkina Faso face à une guerre éprouvante. Pourtant, leur engagement ne s’arrête pas aux armes.
Daba en main, ils contribuent désormais à l’effort national d’autosuffisance alimentaire, renouant avec un idéal cher au Président Thomas Sankara, que ravive aujourd’hui la Révolution progressiste populaire menée par le Capitaine Ibrahim Traoré.
Quelques éléments de ESRI 2
Au-delà de leur mission première, reconquérir et sécuriser les axes routiers stratégiques du pays grâce à des patrouilles permanentes, les éléments de l’Escadron de sécurisation routière et d’intervention se sont engagés sur un second front : celui de l’autosuffisance alimentaire.
Autour de leur caserne de Bondokuy, ils ont tiré profit des terres généreuses de la région pour mettre en valeur plusieurs spéculations. Deux hectares sont consacrés au soja, tandis que huit hectares accueillent l’arachide, le niébé et d’autres cultures vivrières.
Selon le capitaine Sanky, commandant de l’ESRI 2, ces initiatives s’inscrivent pleinement dans l’offensive agro-pastorale et halieutique lancée par le Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim Traoré, pour conduire le pays vers l’autosuffisance alimentaire.
Capitaine Sanky, commandant de ESRI 2 à Bondokuy
Il soutient que ces réalisations ont été possibles grâce à l’amélioration de la situation sécuritaire de cette partie du pays.
« Il faut mentionner que ces activités ont été possibles du fait que cette zone de Bondokuy est actuellement relativement calme. Ce qui a d’ailleurs facilité la mise en œuvre des activités agricoles », confie-t-il.
Le commandant de l’ESRI 2 souligne le retour progressif de la quiétude dans la zone, bien loin, dit-il, des discours alarmistes tenus çà et là. « C’est parce que la zone est relativement calme qu’on parvient à vaquer à d’autres occupations », affirme-t-il.
Le choix des spéculations cultivées, notamment le soja, répond à une stratégie précise : produire des denrées saines et renforcer l’élevage de volaille et de petits ruminants. « Le soja est une composante essentielle de l’aliment volaille. Dans l’optique d’améliorer la nutrition de nos hommes, nous développons l’élevage. Ce soja servira à fabriquer leur aliment », explique-t-il.
Déjà 20 tonnes toutes spéculations confondues récoltées
Il indique également que le soja peut être utilisé pour faire des ingrédients de cuisine. Car, note-t-il, ils ont opté pour le « consommer local », et ce soja sera utilisé pour produire de l’huile alimentaire. « Et les résidus, on pourra aussi les utiliser pour produire de l’aliment pour bétail », fait-il savoir.
Une population engagée aux côtés des forces combattantes
Les forces combattantes et la population sont en parfaite harmonie. C’est pourquoi la population a décidé délibérément de céder des terres cultivables aux FDS. Et le capitaine Sanky d’affirmer que la population les a soutenus sur plusieurs plans. « Que ce soit les terres cultivables ou les semences, les populations ont été vraiment d’un grand apport », témoigne-t-il.
À un peu plus de trois kilomètres de leur base, les éléments de l’ESRI 2 ont mis en culture cinq hectares de niébé. Cet espace a été mis à leur disposition par Adama Séré (nom d’emprunt), qui explique n’avoir aucunement hésité lorsque les forces de défense et de sécurité l’ont approché.
Pour lui, cette initiative s’inscrit pleinement dans la vision nationale de l’autosuffisance alimentaire, portée par l’offensive agro-pastorale engagée par les autorités.
« L’autosuffisance alimentaire est un mot d’ordre de nos autorités. On ne peut en aucun cas aller à contre-courant », confie-t-il. Il salue par ailleurs la cohésion entre les habitants de Bondokuy et les FDS déployés dans la commune. « Nous sommes fiers de notre collaboration avec les FDS », souligne-t-il.
La cohésion et la solidarité entre les forces combattantes et les populations de Bondokuy ne sont plus à démontrer. Le camp qui abrite la caserne de l’ESRI 2 est une initiative des populations de cette commune ainsi que de sa diaspora, qui se sont mobilisées pour le construire en soutien aux militaires en détachement dans leur localité afin qu’ils soient dans les meilleures conditions. Car, à leur arrivée à Bondokuy, ils dormaient dans une école.
Le « plat du combattant »
Concernant le niébé, le capitaine Sanky nous fait comprendre que l’expérience du terrain leur a prouvé que le haricot est un repas consistant et endurant pour les combattants.
Il raconte qu’alors qu’ils étaient en opération à Ouo, une localité dans la région du Tannounyan, les terroristes avaient posé des explosifs sur tous les axes routiers, rendant ainsi la progression des combattants difficile.
Le terrain commandant la manœuvre, ils étaient alors appelés à faire de longues distances à pied. Il explique que la situation les a amenés à une analyse minutieuse de ce qu’ils mangeaient. C’est ainsi qu’un jour, fait-il savoir, ils décidèrent de préparer le haricot (communément appelé Benga en langue mooré).
Après que les combattants eurent mangé, ils ont parcouru une très longue distance sans se fatiguer comme avant. Ce qui, selon lui, explique le fait qu’ils en ont cultivé en quantité. Il confie que, dans leur unité, le Benga (haricot, en français) est appelé « plat du combattant ».
« À un moment donné, nous nous sommes demandés ce qu’il faut faire concrètement, du point de vue alimentaire, pour soutenir nos hommes ? C’est là que l’idée nous est venue de préparer le haricot lors des sorties (…). C’est un plat consistant, qui renferme beaucoup de nutriments et permet vraiment d’avoir de l’énergie quand on le consomme », relate-t-il.
Le soja, environ 3 à 4 tonnes sont attendues
Le capitaine Sanky poursuit qu’après cette expérience, l’ESRI 2 a institué le haricot (Benga) parmi ses repas phares. « Et quand on l’a fait, on s’est rendu compte que ça donne de très bons résultats.
On parcourt une vingtaine de kilomètres facilement. Et c’est ce qui fait qu’on a même baptisé le plat de haricot « le plat du combattant ». Le haricot, dans notre unité, s’appelle le plat du combattant», notifie-t-il.
Des récoltes au service des personnes vulnérables
Le capitaine Sanky, commandant de l’Escadron de sécurisation routière et d’intervention, indique que les productions seront également distribuées aux personnes vulnérables et aux VDP des localités nouvellement installées qui n’ont pas eu suffisamment de temps pour semer.
« Nous sommes dans une zone à fort défi sécuritaire ; il y a des personnes vulnérables (…). Une partie de notre production sera destinée à ces personnes », précise-t-il.
Le capitaine Sanky ajoute qu’ils ont pu assainir la zone et que beaucoup de localités ont été réinstallées. « Les gens sont retournés dans leurs villages. Il faut savoir que le début n’est pas simple ; il faut vraiment un accompagnement conséquent.
Et, étant proches d’eux, dans la mesure de nos possibilités, nous ne pouvons pas rester en marge. Nous avons jugé nécessaire d’orienter une partie de la récolte à leur endroit », laisse-t-il entendre.
Capitaine Sanky expliquant pourquoi ils ont décidé de faire l’élevage du petit bétail*]:pointer-events-auto scroll-mt-[calc(var(–header-height)+min(200px,max(70px,20svh)))]” dir=”auto” tabindex=”-1″ data-turn-id=”request-WEB:9a991812-9dec-41a3-a544-555c812eddb7-8″ data-testid=”conversation-turn-18″ data-scroll-anchor=”true” data-turn=”assistant”>
L’agriculture avance de pair avec l’élevage, et les éléments de l’ESRI 2 l’ont bien intégré. Sur leur base, ils élèvent de la volaille, des petits ruminants et du gros bétail, avec un objectif clair : améliorer l’alimentation des troupes.
Leur travail a été soutenu par la zone d’appui technique en agriculture de Bondokuy, qui leur a fourni un accompagnement complet. Selon le responsable de cette structure, l’appui porte notamment sur une tonne et demie d’engrais, des semences et l’itinéraire technique de production pour chacune des spéculations cultivées.
Le chef de la zone d’appui technique en agriculture
Il félicite la bravoure des boys de l’ESRI 2 qui, malgré leur agenda chargé, ont pu réussir sur le front agricole comme sur le front de la reconquête du territoire national.
« Ce sont des combattants sur deux fronts : l’agriculture et la défense du territoire. Et quand vous regardez ce qu’ils ont fait, c’est vraiment appréciable », dit-il.
Un impact visible dans le panier de la ménagère
La campagne agricole a été satisfaisante dans cette localité, selon le chef de la zone d’appui technique en agriculture de Bondokuy. À l’écouter, cela se ressent dans le panier de la ménagère avec la baisse des prix des céréales.
« Le prix du sac de céréales a baissé. Tout cela montre qu’un travail a été fait (…). Le rendement est bon. Le prix du sac de céréales, vers août, tournait autour de 25 000 F CFA ; actuellement, ça tourne autour de 15 000 F CFA. C’est grâce à la forte production que le prix a effectivement baissé », mentionne-t-il.
La reconquête du territoire est devenue une réalité à Bondokuy et dans les villages environnants, désormais réinstallés. Les populations y ont repris leurs activités quotidiennes. Les forces vives de la zone saluent la détermination des soldats qui ont réussi à neutraliser et à déloger l’ennemi, permettant ainsi aux habitants de cultiver à nouveau cette année.
« Notre commune était éprouvée par la crise sécuritaire, mais grâce aux efforts des plus hautes autorités du pays et au travail des FDS sur le terrain, presque tous les villages qui avaient été déplacés… Au fur et à mesure, je peux rassurer que tous les villages sont aujourd’hui réinstallés grâce au travail et au sacrifice des FDS », témoigne-t-il.
Président de la délégation spéciale de Bondokuy
Pour le président de la délégation spéciale, leur commune est un cas réel de la reconquête du territoire national. « Deux années auparavant, si nous disions que nous pouvions nous tenir ici pour une interview, ce n’était pas évident. Mais je peux vous rassurer qu’aujourd’hui, toute la population de la commune est réinstallée. Et depuis la saison humide 2025, tous les villages ont pu cultiver », rassure-t-il.
Le PDS salue également les relations entre les forces combattantes et les populations, tout en les invitant à consolider les acquis de la reconquête.
De son côté, le chef de canton de Bondokuy loue les actions des forces combattantes qui ont contribué au retour normal de la vie à Bondokuy et dans les villages, car il y a deux ans, ils ne pouvaient pas vaquer librement à leurs activités à cause de l’activisme des forces du mal. « Cette année, les populations ont cultivé en toute quiétude et la récolte a été vraiment bonne », admet-il.
Le chef de canton de Bondokuy et le commandant de ESRI 2
Même son de cloche du côté des chefs de terre de la localité. Ils affirment qu’il y a deux ans, leur commune était devenue presque invivable, mais les actions des forces combattantes ont permis le retour de la paix et de la vie normale. « Ils font leur travail. Grâce à eux, on a retrouvé la paix. Sinon ça chauffait, mais maintenant ça va beaucoup mieux », note leur porte-parole.
La communauté musulmane de cette localité a, elle aussi, exprimé sa joie et sa gratitude aux forces combattantes pour l’amélioration de la situation sécuritaire dans leur localité.« Aujourd’hui, nous remercions Dieu. Depuis l’arrivée de l’armée dans notre village, il y a une grande amélioration de la situation. On était là dans les doutes, mais aujourd’hui la sécurité est revenue », affirme l’imam de cette commune.
Au milieu en boubou, l’imam de Bondokuy, capitaine Sanky et un membre de la communauté musulmane
À une dizaine de kilomètres de la commune, grâce à la collaboration étroite avec la population, les éléments de l’ESRI 2 ont mis en culture huit hectares de maïs. Dans cette zone, la complicité entre forces combattantes et habitants est palpable.
Ce 19 novembre 2025, il faut être présent pour le constater : la population, aux côtés des FDS et des VDP, participe à la récolte. On rit ici, on danse là-bas ; un peuple entier accompagne son armée, qui engrange des victoires sur tous les fronts. Le moment le plus émouvant reste la présence d’un sexagénaire vivant avec un handicap, ayant perdu une main, qui se joint à la récolte, symbole de courage et de résilience.
Faucon chef VDP d’un village de Bondokuy
Faucon (nom de guerre), chef des VDP du village, salue, lui également, la bonne collaboration qui existe entre ses éléments et les FDS. Pour lui, voir les gendarmes de l’ESRI 2 dans les champs a été une grande motivation. « Voir les FDS dans les champs travailler comme nous, vraiment, ça a été un grand encouragement pour nous ; ça nous a donné la motivation de travailler davantage », soutient-il.
Commandant Mori (nom de guerre), gendarme et élément de l’ESRI 2, confie que tout ce qui a été fait ici, c’est pour répondre à l’appel de l’offensive agro-pastorale lancée par les plus hautes autorités.
« C’est vrai que notre première mission, c’est la sécurisation du territoire, mais, dans notre zone, la situation sécuritaire est relativement calme. Donc, à nos temps libres, nous nous adonnons aux travaux champêtres », note-t-il. Selon le commandant Mori, tout est question d’organisation, raison pour laquelle leurs travaux champêtres n’ont pas empiété sur leur mission première.
Il apprécie la collaboration sur le terrain avec les populations civiles qui leur ont donné des espaces pour cultiver. « Comme vous le voyez, ils sont sortis nombreux pour nous aider pour la récolte, ce qui témoigne de la bonne collaboration qui existe entre nous », commente-t-il.
Des productions en hausse
Dans cette zone, selon les estimations, ils attendent au moins 1000 tonnes de riz à l’issue de la récolte, dit le coordonnateur communal de la veille citoyenne. « Nous étions à l’offensive sécuritaire, qui était de reconquérir la commune.
Et chose qui est effective. Les populations ont pu rejoindre leurs localités (…). Maintenant, nous sommes passés à l’offensive agricole (…) sans vous mentir, côté riz, nous attendons plus de 1000 tonnes », dit-il.
Le coordonnateur communal de la veille citoyenne
Il poursuit qu’au niveau de leur commune, ils ont, depuis le mois d’août, lancé une opération dénommée « solidarité agissante », qui appelle tout paysan à faire un don de vivres.
« Nous allons récolter ces vivres pour remettre au capitaine pour qu’on remette aux zones inaccessibles qui sont en difficulté », note-t-il.
Delta Force (nom de guerre), élément de l’ESRI 2
Delta Force (nom de guerre), élément de l’ESRI 2, fait savoir que toute l’unité a adhéré à l’initiative, ce qui fait qu’ils ont engrangé de bons résultats. « C’est l’organisation interne. Il y a le travail de l’arme qui est là, il y a nos moments de repos aussi. Ce qui fait qu’on s’organise avec les éléments sur place pour faire ce travail », joint-il.
En somme, selon les estimations du capitaine Sanky, à la fin de la récolte, ils attendent plus de 20 tonnes de maïs, 8 tonnes de niébé, 8 tonnes de riz et 3 tonnes de soja. Les éléments de l’ESRI 2 souhaitent se lancer dans les cultures de contre-saison, mais ils sont limités en termes de moyens, selon le commandant de l’unité.
À Bondokuy, le sillon creusé par la houe et les pas des soldats raconte plus qu’une récolte : il raconte une nation qui se relève, un peuple qui s’unit et une armée qui sème l’espoir autant que la sécurité. Entre les champs et les casernes, l’avenir se cultive ici, à la mesure de la résilience burkinabè. Dans cette harmonie retrouvée, chaque grain moissonné symbolise la souveraineté, chaque sourire partagé témoigne que la patrie est entre de bonnes mains.
Willy SAGBE
Burkina 24
Encadré | Bondokuy, terre d’attache du Chef de l’État
À leur arrivée, les premiers éléments du détachement militaire de Bondokuy avaient été hébergés dans une école de la commune. C’est d’ailleurs dans ce même établissement, alors école primaire publique de Bondokuy et devenue aujourd’hui lycée départemental, que le chef de l’État, le capitaine Ibrahim Traoré, a effectué une partie de sa scolarité, avant de poursuivre ses études à Bobo-Dioulasso, deuxième ville du Burkina Faso située à environ 74 kilomètres de là.
C’est ici que le président du Faso a fait une partie de ses études primaires
Le président du Faso est originaire de la commune. Il est né à Kéra, une localité située à une dizaine de kilomètres de Bondokuy.