La sélection tunisienne de football abordera lundi une nouvelle aventure en Coupe arabe de la FIFA 2025, organisée à Doha, avec la ferme volonté de jouer les premiers rôles et de confirmer son statut parmi les puissances du football arabe.
Lors de cette compétition officiellement reconnue depuis la précédente édition par la FIFA, les Aigles de Carthage, versés dans la poule A, ouvriront le bal face à la Syrie le 1er décembre au stade Ahmed Ibn Ali (14h00 HT), avant de croiser la Palestine le 4 décembre sur la pelouse du Lousail Stadium (15h30), puis le Qatar, le 7 du même mois au stade Al Bayt (18h00).
Dans cette onzième édition, l’objectif du Onze national est de raviver la flamme de 1963, année du sacre fondateur à Beyrouth, ou, à défaut, renouveler le scénario de 2021 en allant jusqu’à la finale.
Cette campagne arabe s’inscrit toutefois dans un contexte particulier. Avec une CAN imminente, programmée au Maroc du 21 décembre au 18 janvier, et une Coupe arabe non inscrite au calendrier international, les clubs européens n’étaient pas tenus de libérer leurs joueurs.
Le sélectionneur Sami Trabelsi a donc établi une liste articulée autour des éléments les plus affûtés du championnat national, dont sept joueurs de l’Espérance de Tunis, tout en obtenant le renfort précieux de quelques expatriés autorisés par leurs clubs. Parmi eux figurent le latéral droit Moataz Naffati (Norrköping/Suède), le milieu défensif Mohamed Haj Mahmoud (Lugano/Suisse), les milieux offensifs Nassim Dendani (AS Monaco/France) et Ismaïl Gharbi (Augsbourg/Allemagne), l’ailier Omar Laayouni (Häcke/Suède) et l’avant-centre Hazem Mastouri
(Makhatchkala/Russie).
La liste comprend également plusieurs joueurs évoluant dans les championnats arabes, parmi eux Ferjani Sassi (Al-Gharafa/Qatar), vétéran de la sélection avec 94 capes, et Seifeddine Jaziri (Zamalek/Egypte), buteur en coupe de la Confédération avec son club cairote, rappelé à la dernière minute pour remplacer Naim Sliti, blessé. Le milieu Mohamed Ali Ben Romdhane (Al-Ahly d’Egypte) et le latéral Oussama Haddadi (RS Berkane/Maroc) complètent cette ossature mixte, portant un équilibre entre expérience internationale et forme du moment.
Le groupe semble à priori suffisant pour offrir des solutions dans les différents postes, y compris au niveau des cages, en présence des deux portiers expérimentés Aymen Dahmène (CS Sfaxien) et Bechir Ben Saïd (Espérance de Tunis) et du nouveau venu Noureddine Farhati qui arrive avec un bilan impressionnant de 15 matches sans encaisser le moindre but cette saison avec le Stade Tunisien.
En revanche, la difficulté de disposer de tout l’effectif pourra constituer un véritable casse-tête pour le staff technique, en raison des engagements de plusieurs joueurs en Ligue des champions africaine ou en compétition continentale avec leurs clubs les empêchant de rejoindre immédiatement le groupe. Le déplacement éprouvant de l’Espérance de Tunis à Luanda pour y affronter Petro Atlético, les obligations de Ben Romdhane et Haddadi avec leurs formations respectives, ainsi que l’arrivée différée de Mastouri, Dendani et Gharbi après la deuxième journée, compliquent la mise en place d’un onze idéal pour les premiers matches.
Compte tenu des tests amicaux disputés au cours de la fenêtre internationale, la formation alignée contre la Mauritanie le 12 novembre à Radès (1-1), semble la plus représentative du groupe qui portera les espoirs tunisiens dans cette compétition arabe, puisqu’elle comptait 9 titulaires et 18 joueurs parmi les 23 convoqués.
Etant donné l’importance de réussir l’entame des compétitions de grande envergure, les coéquipiers du vétéran Ali Maalou, de retour en sélection après sa reprise progressive au sein du CS Sfaxien, sont appelés à remporter le premier match face à la Syrie pour prendre une bouffée de confiance qui installerait l’équipe dans une dynamique favorable avant d’aborder les deux autres rencontres. Cette première affiche sera placée sous le signe de la revanche, après la défaite concédée il y a quatre ans face à cette même équipe syrienne au premier tour de la précédente édition.
Placée derrière plusieurs équipes arabes au classement FIFA, la sélection syrienne, entraînée par l’Espagnol José Lana, a du passer par le tour préliminaire pour se qualifier à ce championnat, en éliminant le Soudan (2-0). Cela n’empêche que les « Aigles de Qassioun » restent une équipe redoutable. Leur histoire dans la Coupe arabe est loin d’être insignifiante avec trois finales disputées, dont la première en 1963 (perdue face à la Tunisie), la deuxième en 1966 face à l’Irak (1-2), et une nouvelle désillusion face au même adversaire en 1988, cette fois aux tirs au but.
Le deuxième adversaire de la Tunisie sera la Palestine, dont la qualification est passée par les barrages, face à la Libye aux tirs au but. Une équipe à ne pas sous-estimer, portée par une grande ambition de réussir sa campagne arabe et par un large soutien de sympathisants dans le monde arabe, de quoi booster le moral des joueurs sur le terrain.
Malgré l’arrêt de la compétition locale à cause de l’agression de l’occupation israélienne pendant plus de deux ans, la sélection palestinienne n’a pas abdiqué et a poursuivi son activité en comptant sur ses joueurs professionnels évoluant dans les championnats arabes, notamment au Qatar et en Jordanie. L’équipe a réussi à composter son ticket pour le rendez-vous arabe pour la sixième fois de son histoire et deuxième de suite, sachant qu’elle a été éliminée dès le premier tour de l’édition précédente.
En clôture du premier tour, la sélection tunisienne croisera le fer avec le pays organisateur qui aura l’avantage du terrain et du public. Le Onze qatari, entraîné par l’Espagnol Jolen Lopetegui, espère que cette troisième Coupe arabe organisée pour la troisième fois sur son sol soit couronnée d’un sacre historique après avoir raté le titre lors de la première édition en 1998 face à l’Arabie Saoudite et été éliminé en demi-finales en 2021 face à l’Algérie.